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A la poubelle de l'histoire

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A première vue, le camarade Alexandre Léo a du se retourner dans sa tombe. C'est lui paraît-il, artiste soviétique méconnu qui avait dessiné en 1918, l'emblème du marxisme-léninisme, la faucille et le marteau entrecroisés, symboles de l'unité du mouvement paysan et du monde ouvrier.
Article rédigé par
Radio France
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Au départ il y avait aussi un glaive, qui
a vite disparu, jugé trop agressif. Et maintenant, il n'y a plus rien, même en
France où l'on adore les symboles, puisque par décision du 36eme congrès du parti Communiste français, la vieille faucille et l'antique marteau ne
figureront plus désormais sur les cartes d'adhérents.

Au mieux à la
brocante, au pire à la poubelle de l'histoire. Et quoi qu'en disent les
hiérarques du PC, la chose ne passe pas tout à fait comme une lettre à la poste
car sous l'évidente nécessité de rajeunissement et de ce qu'on appelle
maintenant un "communisme de génération", il y a derrière ce
ripolinage symbolique un " saut qualitatif brusque " qui n'est pas du
gout de tous les militants. Lesquels s'étaient habitués à leurs deux outils de
référence tout comme les républicains pur sucre sont accros au bonnet phrygien,
les royalistes à la fleur de lys, ou les gaullistes à la croix de Lorraine.

Mais bon, faut bien
vivre avec son temps et c'est peut être la bonne stratégie médiatique que les
communistes ont choisie en se débarrassant de ses oripeaux comme le font les
vieilles personnes qui rangent un grenier trop encombré.

Et faut dire qu'avec
sa gouaille et son activisme au moins verbal, le voisin de palier Mélenchon
impose à ses alliés objectifs de ravaler leur façade. S'il ne veut pas
disparaître ou perdre son identité, le Parti Communiste est condamné à se
réformer.

"Réformer",
le mot ne doit pas rendre fous de joie les héritiers supposés de Lénine. Comme
"gand soir", on fait mieux. Mais par les temps qui courent, on a
les révolutions qu'on peut. 

 

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