"Tenir sa langue" de Polina Panassenko et "Un homme sans titre" de Xavier Le Clerc

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"Tenir sa  langue" de Polina Panassenko, aux éditions de l'Olivier, et "Un  homme sans titre" de Xavier Le Clerc, chez Gallimard, sont deux romans très différents dans le style et la tonalité choisis par les deux auteurs. 

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A livre ouvert : les choix de la semaine de Gilbert Chevalier. (DANIEL GRIZELJ / DIGITAL VISION / GETTY IMAGES)

"Tenir sa  langue" de Polina Panassenko aux éditions de l'Olivier et "Un  homme sans titre" de Xavier Le Clerc chez  Gallimard sont deux livres qui nous racontent le parcours de deux familles : l'une russe et l’autre kabyle algérienne, des familles qui ont immigré en France.   

Un homme sans titre : un roman touchant et plein de nuances

Un homme sans titre est l’un des nombreux romans de cette rentrée littéraire, dont l’histoire algérienne est la toile de fond. Xavier le Clerc nous dresse le portrait de son père, travailleur immigré en Normandie, avec sa famille nombreuse. Une vie âpre qui prend ses racines dans la misère qu’a vécue la Kabylie pendant l'Algérie française. Albert Camus est une référence permanente pour l’auteur dans cette partie du roman .   

Vie difficile qui se prolonge ensuite dans la France des travailleurs immigrés des années 70 et 80. Une France méprisante et bien peu reconnaissante pour ces travailleurs : "des hommes sans titres". Un livre touchant et plein de nuances, qui se termine par un plaidoyer étonnant de l'auteur qui explique pourquoi il a changé de nom. Il s’appelait Hamid Aït-Taleb. Il est devenu Xavier Le Clerc.

Un plaidoyer que l'on peut mettre en parallèle avec le livre de Polina Panassenko   

Tenir sa langue débute par la revendication inverse de l’auteure : elle veut récupérer son prénom russe, Polina, plutôt que Pauline, la version francisée à son arrivée en France. Les époques sont différentes bien sûr, les motivations qui ont poussé ces deux familles à immigrer en France sont évidemment très différentes mais par une troublante asymétrie, Polina Passanenko commence son livre avec cette proposition exactement contraire de celle de Xavier Le Clerc.

Le récit commence là-dessus avec beaucoup de passion, voire une certaine rage devant l’incompréhension de l'administration, décidément jamais très à l’aise face aux sentiments. Polina veut retrouver ce patronyme russe au nom de ses racines et de la fierté qu’elle en tire. Pour le reste, Polina Panassenko nous raconte l'histoire de cette famille russe qui quitte Moscou au début des années 90, et arrive à Saint-Étienne. Le livre est le récit de son arrivée en France, de ses souvenirs familiaux en Russie, le tout teinté d’humour, de nostalgie, de désillusion, et donc de cette revendication sur son prénom.

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