Fin de vie : "L'équilibre a été rompu par rapport à ce qui avait été proposé par le gouvernement", estime le ministre de la Santé

Frédéric Valletoux était l'invité du "8h30 franceinfo", samedi 25 mai 2024.
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Frédéric Valletoux, ministre délégué de la Santé et de la Prévention, était l'invité du "8h30 franceinfo", samedi 25 mai 2024. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Frédéric Valletoux, ministre délégué de la Santé et de la Prévention, était l'invité du "8h30 franceinfo", samedi 25 mai 2024. Fin de vie, transports médicaux, poudre "Sniffy"... Il répond aux questions de Jean-Rémi Baudot et Agathe Lambret. 

Fin de vie : "L'équilibre a été rompu"

"L'équilibre du texte a été rompu par rapport à ce qui avait été proposé par le gouvernement", estime Frédéric Valletoux, après l'adoption la semaine dernière du projet de loi sur la fin de vie en commission spéciale. Un texte qui a connu des modifications l'éloignant de sa version originelle et qui arrive lundi 27 mai en première lecture à l'Assemblée nationale.
 
Le principal changement apporté par les députés au texte du gouvernement porte sur un point clé : les conditions requises pour avoir accès à l'aide à mourir. Dans le projet de loi initial, les malades atteints d'une "affection grave et incurable", au pronostic vital engagé "à court ou moyen terme" pouvaient avoir recours au suicide assisté. Après les amendements des députés, le texte prévoit désormais l'accès pour une personne "atteinte d'une affection grave et incurable en phase avancée ou terminale". Frédéric Valletoux s'est prononcé contre cette réécriture, affirmant que le texte "a été dénaturé" et "espère que l'hémicycle reviendra" sur ces amendements. Des propos qui rappellent ceux de la présidente de la commission Agnès Firmin-Le Bodo, qui s'était montrée, elle aussi, hostile à ce changement. "Supprimer le court et moyen terme, très clairement, on n'est plus du tout dans la même loi", avait-elle jugé.

Pour Frédéric Valletoux, "le pronostic vital à court et moyen terme renvoie à des notions qui sont précises et que le monde soignant comprend". "Le texte initial était le fruit d'une lente maturation, d'un long consensus et d'un long travail d'explication, de dialogue, d'échanges", a rappelé le ministre délégué. "Le gouvernement ne va pas changer de position", a-t-il assuré, ajoutant que la ministre de la Santé Catherine Vautrin "a déjà prévu de déposer des amendements pour revenir à ce qui était l'écriture initiale du texte"

Parmi les autres changements apportés par les députés, le passage de "l'euthanasie d'exception" à une "euthanasie de choix". "Là aussi, je soutiens tous les amendements qui permettront de revenir au texte initial", a tranché le ministre délégué de la Santé. "J'espère que le Parlement retrouvera effectivement l'équilibre initial du texte", a-t-il conclu.

Transports sanitaires : "Il faudra que la Santé participe aux économies"

En cette période d'économies, le gouvernement étudie plusieurs pistes pour réduire le coût des transports médicaux, y compris des trajets partagés. "On continue à réfléchir et à discuter", assure Frédéric Valletoux, qui rappelle qu'"il faudra que la santé participe aux économies futures". L'objectif pour le ministre délégué à la Santé est de "mieux dépenser, chasser les dépenses inutiles, les dépenses redondantes".

Interrogé sur les limites des covoiturages médicaux, par exemple pour les patients immuno-déprimés, il rappelle que "vouloir mettre plusieurs patients dans le même véhicule, ce n'est pas le principe général, c'est là où on peut le faire, quand c'est possible, pour des patients qui l'acceptent".

Sniffy : "interdire" cette "cochonnerie" qui reprend les codes de la cocaïne

"C'est rageant. C'est rageant de voir ce genre de produit proposé à la jeunesse", réagit Frédéric Valletoux, ministre délégué en charge de la Santé et de la Prévention. Il a découvert "il y a 48 heures" la "dernière invention", une "cochonnerie que certains veulent vendre". Le ministre fait allusion à "Sniffy", une poudre qui reprend les codes de la cocaïne. Elle est blanche, s'absorbe par le nez et ses promoteurs vantent les effets "euphorisants instantanés". En vente libre dans les bureaux de tabac en France, elle coûte entre 15 et 20 euros le gramme.

"Il faut l'interdire dès qu'on peut. Je vais regarder ça avec mes services dès ce week-end", affirme Frédéric Valletoux. "Je vous promets que je serai intraitable", ajoute le ministre qui ne cache pas une forme de lassitude : "C'est la course en permanence contre les vendeurs de mort quelque part, ils m'en voudront peut-être parce que l'expression est un peu radicale." Mais quand "on pousse les jeunes" à consommer ce type de produit, "c'est un peu l'idée", assume Frédéric Valletoux. 

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