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Indépendance en Catalogne : "C'est ouvrir la boîte de Pandore à la dislocation de l'Europe", juge Manuel Valls

L’ex-Premier ministre, invité mardi de franceinfo, a défendu la position de Madrid vis-à-vis de la Catalogne, estimant qu'il n'y aurait pas d'indépendance. "C'est une impasse absolue", a-t-il déclaré. 

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Manuel Valls, ancien Premier ministre;
Manuel Valls, ancien Premier ministre; (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Manuel Valls, ancien Premier ministre, invité mardi 24 octobre de franceinfo, a réagi à la situation en Catalogne. "Toucher aux frontières, démembrer un État-nation, l'Espagne, c'est commencer progressivement à démembrer l'Europe. C'est ouvrir la boîte de Pandore à la dislocation de l'Europe", a-t-il déclaré. Le député de l'Essonne, d'origine catalane, soutient le gouvernement espagnol, comme "Français et comme Européen". "Dans la constitution espagnole, il n'est pas prévu qu'une région puisse cessionner. Le référendum qui a eu lieu, il y a quelques semaines, est totalement illégal", a insisté Manuel Valls. "Il n'y aura pas d'indépendance en Catalogne. C'est une impasse absolue", a-t-il jugé. 

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La sœur de Manuel Valls lui a reproché lundi sur Twitter de soutenir l'État espagnol et fait référence à leur grand-père, journaliste. "C'était le rédacteur en chef d'un grand journal catholique, catalaniste, républicain, interdit dès juillet 1936 par l'extrême gauche au moment où la guerre commence. Lui-même a été interdit de journalisme par Franco", a précisé l'ex-Premier ministre. Même s'il n'a "qu'amour et tendresse" pour sa sœur, il reconnaît que la question de l'indépendance catalane "divise les familles". "Quand on fait croire à l'illusion d'une sortie de l'Espagne, quand on exalte le nationalisme, l'indépendantisme, alors toutes les ruptures sont possibles. Il faut avoir un peu recul et se rappeler ce qu'est l'histoire européenne et l'histoire espagnole", a déclaré Manuel Valls.

Des crtiques venues de "la vieille école"

Les critiques contre l'ancien gouvernement sont "un jeu politique un peu dépassé, un peu old school, vieille politique", a estimé l'ex-Premier ministre de François Hollande, alors qu'Agnès Buzyn, ministre de la Santé, et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, ont récemment critiqué l'ancien gouvernement. "L'avantage de ma situation, je suis un acteur politique, je suis député, je me situe dans la majorité, j'ai été ministre de l'Intérieur, Premier ministre, c'est parfois de prendre un peu de recul par rapport à un certain nombre d'arguments", a estimé l’ex-chef du gouvernement.

Pour Manuel Valls, "les conditions de l’élection d’Emmanuel Macron sont fragiles et restent fragiles". "Nous avons échappé au pire au printemps dernier, le populisme, l'extrême droite aurait pu l'emporter", a-t-il déclaré. L'ancien Premier ministre ne veut pas se mêler de "ces petites querelles", qu'il regarde de loin, dit-il, afin de se  consacrer au "redressement du pays".

Une partie de la gauche avance en reculant

Appelé à s'exprimer sur l'avenir des partis politiques, Manuel Valls a estimé que "la crise de la social-démocratie est profonde, pas seulement en France, partout dans le monde". "La décomposition-recomposition de la vie politique est loin d’être terminée", a-t-il expliqué. "La social-démocratie, le socialisme réformiste, sont confrontés à une crise parce que l'on n'a pas su répondre aux conséquences de la globalisation financière, de la crise de l'Etat providence", a-t-il poursuivi, appelant à "bâtir quelque chose de nouveau".

"Pour une partie de la gauche, il y a une fuite en avant, sous forme de retour en arrière", a déclaré Manuel Valls, reprenant son argument de "fractures parfois irréconciliables". "Avec qui on gouverne ? Quelles sont les alliances à bâtir ? Ce sont des questions pour la gauche d’une manière générale, mais aussi pour En marche", a-t-il poursuivi. "Ce qui est intéressant et ce qui est arrivé en France, c’est qu’il y a eu ce choix offert par Emmanuel Macron. Sinon, peut-être que le choix du deuxième tour, c’était entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Je ne le souhaitais pas", a conclu Manuel Valls. 

Regardez l'intégralité de l'entretien de Manuel Valls sur franceinfo le mardi 23 octobre 2017.

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Manuel Valls, ancien Premier ministre;
Manuel Valls, ancien Premier ministre; (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)