Présidentielle 2022 : "La campagne n'a pas passionné les Français", constate la politologue Chloé Morin

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La politologue redoute un taux d'abstention "entre 26 et 30%" pour le premier tour de l'élection présidentielle, dimanche 10 avril.

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Les affiches des 12 candidats à l'élection présidentielle , à Saint-Leu-la-Forêt (Val-d'Oise), le 3 avril 2022.

 (STEPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

"La campagne n'a pas passionné les Français", a affirmé vendredi 8 avril sur franceinfo la politologue Chloé Morin, experte à la Fondation Jean Jaurès, à deux jours de l'élection présidentielle. Elle redoute un taux d'abstention "entre 26 et 30%, soit un taux historique" pour un scrutin présidentiel.

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Plusieurs facteurs expliquent, selon elle, ce désintérêt des Français. "D'abord la crise du Covid et ensuite la guerre en Ukraine qui ont phagocyté la campagne", estime la politologue. Mais Chloé Morin souligne que "l'offre s'est assez peu renouvelée depuis 2017. Sept des douze candidats étaient déjà présents". Il y a aussi le "sentiment" pour les électeurs que "les projets des uns et des autres étaient un peu réchauffés et que l'on rejouait les mêmes débats."

Des sujets "oubliés"

La politologue estime que certains sujets ont été "oubliés" durant la campagne. Elle cite en premier "l'environnement, la victime collatérale de la crise du pouvoir d'achat". Elle pointe comme symptôme "le score qui est promis au candidat écologiste". Deux autres sujets "essentiels" n'ont pas été débattus non plus : "La réforme de l'Etat, promesse présidentielle majeure il y a cinq ans" qui est "restée au milieu du gué. Aujourd'hui, aucun candidat ne dit quel Etat il voit pour le XXIe siècle". Chloé Morin note également que "la réforme de nos institutions" n'a pas été mise en avant, avec la question de savoir "comment on partage le pouvoir dans un société qui est très divisée, dans un pays qui est de plus en plus une cocotte-minute."

"Il y aura, une fois de plus, dans les urnes, l'expression d'un dégagisme et d'une détestation des élus qui passera massivement soit par l'abstention, soit par le vote populiste."

Chloé Morin, politologue

à franceinfo

Selon Chloé Morin, ce que l'on "n'interroge pas assez", c'est "la part de responsabilité des citoyens". Elle estime que "les élus et les offres politiques, quelle que soit la valeur qu'on leur accorde, font bien leur travail dans leur immense majorité". Chloé Morin juge qu'il y a "une forme de facilité" de la part des citoyens "à faire du zapping politique permanent."

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