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VIDEO. Catherine Mieg : "Les entreprises sont majoritairement gérées par des gestionnaires"

Invitée de Jean-Paul Chapel dans ":l'éco", Catherine Mieg, clinicienne du travail et auteure du livre "J'ai mal au travail", est venue parler de la souffrance au travail et de ses causes. 

franceinfo

Vous avez répertorié plusieurs situations qui mènent au burnout et parfois même au suicide. Les personnes qui viennent vous voir, que leur arrive-t-il généralement ? 

"En général la situation de souffrance est liée à différentes causes, dans le livre je les ai isolé pour plus de pédagogie mais elles sont articulées ensemble. Il y a la surcharge, [...] le déficit de reconnaissance, la souffrance éthique et l'isolement" explique Catherine Mieg. 

La question AFP : Depuis la crise chez FranceTélécom, les entreprises ont-elles modifié leur façon de répondre à la souffrance au travail ? 

"Pas vraiment, il y a beaucoup de discours, il y a une prise en compte de la souffrance au travail. En tout cas dans le discours, dans les faits c'est un peu autre chose. L'idéologie managériale est quand même bien là, la course au profit. Les entreprises sont majoritairement gérées par des gestionnaires. C'est un vrai souci car ils vont organiser le travail à partir de chiffres, de tableaux et ils ne vont pas aller voir ce qui se passe pour les gens sur leur poste de travail et c'est ça qui les rend malade. Ce qui se passe pour eux à leur poste de travail n'est pas pris en compte" répond Catherine Mieg. 

Quels conseils donnez vous à quelqu'un en situation de souffrance ?

"D'aller voir son médecin. Il y a des symptômes importants : une fatigue qui ne cède pas, c'est à dire que même après des vacances ou un week end vous êtes quand même fatigué. Une difficulté à continuer à travailler, vous travaillez de plus en plus et c'est de moins en moins efficace. Vous avez une fragilité émotionnelle, vous pleurez pour un rien. Tout ça sont des micro signes qui doivent alerter" explique la clinicienne du travail. 

L'interview s'est conclue sur la chanson "Le poinçonneur des lilas" de Serge Gainsbourg.