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VIDEO. Pascal Demurger : "Un monde à 4 degrés supplémentaires est un monde inassurable"

a revoir

Présenté parStéphane Dépinoy

Diffusé le 14/02/2020Durée : 00h7

Pour Pascal Demurger, directeur général de la MAIF, les société doivent évoluer. "Il faut se réveiller. Ça fait des décennies qu’on considère que l’entreprise n’a d’objectifs que pour elle-même, plus de profitabilité, de bénéfices, de pérennité. Aujourd’hui, on commence à attendre de l’entreprise qu’elle ait un engagement pour la société, ses salariés, ses clients, mais aussi pour son impact social, environnemental. Les dirigeants d’entreprise prendraient des risques à ne pas considérer cette attente d’engagement."

Le directeur général de la MAIF dénonce le "green washing" de certaines entreprises. "Beaucoup d’entreprises ont des actions positives mais à côté de leurs activités. Le vrai sujet c’est comment intégrer cet engagement au cœur même de l’activité ? C’est là qu’on peut avoir un levier extrêmement puissant pour changer les choses, ce n’est pas simplement en montant à côté une fondation, en ayant un mécénat, en aidant des ONG ou des associations, ce qui est très positif. Si dans le cœur du business on a un comportement qui n’est pas vertueux, ça sert finalement à très peu de choses."

Qu'est-ce que la MAIF a changé ? "Pour la réparation automobile on va privilégier la réparation plutôt que le remplacement de pièces. Si on remplace, pourquoi ne pas réutiliser une pièce d’occasion. On a essayé d’aider la filière des véhicules non utilisables à se restructurer pour pouvoir fournir des pièces détachées.
Un assureur est aussi un gestionnaire d’actifs financiers. Nos sociétaires nous confient leur épargne sous forme d’assurance vie notamment. La manière dont on va placer ces actifs financiers va avoir un impact réel.
On a monté un fonds, qui s’appelle MAIF Transition pour accompagner la transition agricole et la transition énergétique en France.
"

Depuis quelques années, le coût des sinistres naturels ne fait qu'augmenter pour les assureurs. Passant de 1,2 milliard par an à la fin des années 90 à 3,2 miliards en 2018. "Il y a une augmentation tendancielle. Ces trois dernières années, le coût des "climatiques" a été le plus élevé. Si le réchauffement climatique dépasse un certain nombre de limites, beaucoup de choses seront difficilement contrôlables. À la COP 21, un de mes confrères avait déclaré dans son discours qu'un monde à 4 degrés supplémentaires est un monde qui devient inassurable. On en est loin. En revanche, il y a des coûts de plus en plus élevés. C’est notre rôle de les prendre en charge. On arrive à le faire avec une certaine modération tarifaire, des hausses de tarifs relativement faibles. Il ne faudrait pas qu'ils continuent d’augmenter trop sensiblement."

L'interview s'est achevée en musique avec " 'S Wonderful " de Diana Krall.

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