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Gabrielle Fack (économiste) : "Dans les années 70, environ 35 % du patrimoine était hérité, et maintenant, c’est 60 %"

a revoir

Présenté parStéphane Dépinoy

Diffusé le 13/05/2022Durée : 00h7

Invitée de Stéphane Dépinoy, Gabrielle Fack, Professeur des Universités à l’Université Paris Dauphine est revenue sur un sujet hautement inflammable : l’héritage et sa juste taxation. "Le patrimoine des Français s’est reconstitué (…) Le Patrimoine total des Français, ça correspond environ à 6 années de revenus" constate Gabrielle Fack. Si elle juge cela comme une bonne chose, Gabrielle Fack note cependant que celui-ci est inégalement réparti et que la part venant de l’héritage a presque doublé en proportion en 50 ans : "Dans les années 70, environ 35 % du patrimoine était hérité, et maintenant c’est 60 %". La question de la correction de cette répartition via la fiscalité se poserait donc.

Car le risque serait d’après elle de se retrouver dans une société de rentiers : "Environ 50 % des Français vont avoir, au cours de leur vie, hérité de moins de 70 000 euros, alors que tout en haut, 1 % des ménages vont hériter de 4,2 millions d’euros". Mais il y aurait un blocage politique et sociétal qui tient selon elle à une impression : "Le système est en partie schizophrène (…) il y a une grande méconnaissance de la façon dont le système fonctionne en grande partie parce qu’il y a un certain nombre de niches fiscales qui font que même si les taux affichés sont importants, ce que payent les ménages en termes réel, c’est beaucoup plus faible". Et si les recettes fiscales sont si élevées en France, c’est car ce sont les taxations en ligne indirecte (héritage entre ferres et sœurs, neveux tantes) qui sont élevées.

Gabrielle Fack appelle donc à une refonte du système de taxation qui serait aujourd’hui inefficace car cumulant taux élevés et faible redistribution. Elle propose de prendre en compte la totalité des successions et donations reçues au cours de la vie dans la taxation. Dans une de ses pistes de réformes, en relevant la taxation des plus riches, 99 % des Français y gagneraient. Mais c’est un impôt impopulaire et y toucher reste sensible même si cela permettrait d’améliorer les dépenses publiques et de réduire les inégalités. En ce sens, elle conclut en espérant que l’information, sur ce sujet s’améliorera "Tout ce qui peut permettre d’améliorer l’information sur l’impôt sur les successions (…) ça permet de faire avancer le débat et faire peut-être évoluer les mentalités".  

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