:l'éco, France info

Jean-Hervé Lorenzi (président du Cercle des économistes) : "Pour faire face à la crise, beaucoup de mesures ont été mis sur la table pour les actifs et les retraités. Il faut maintenant le faire pour les jeunes"

a revoir

Présenté parStéphane Depinoy

Diffusé le 11/12/2020Durée : 00h6

Selon un sondage à Elabe, les trois quarts des jeunes qui projetaient de chercher du travail, contrat d’alternance ou stage en 2020 n’en ont pas trouvé. Jean-Hervé Lorenzi, l’éminent président du Cercle des économistes, analyse la situation : "Le taux de chômage des jeunes est passé de 19 à 21 % et leur taux de pauvreté est de de 12 %. Un jeune sur deux a réduit ses dépenses alimentaires au cours des 6 derniers mois. Et le pic des difficultés va peut-être arriver en milieu d’année prochaine. Il y a par ailleurs de grandes difficultés psychologiques chez les étudiants" souligne-t-il. Il nuance toutefois en observant que les jeunes semblent vouloir s’en sortir par eux même et sont confiants dans leur capacité à pouvoir remonter la pente : "Tout n’est pas perdu. Mais cette génération est, au fond, sacrifiée économiquement. Si les pouvoirs publics ne bougent pas fortement, cela va mal tourner" explique-t-il.

"La garantie jeunes touche 100 000 personnes. Elle devrait en toucher 10 fois plus"

Le Cercle des économistes qu’il préside a organisé hier un cycle de conférences sur ce sujet, avec pour nom "Résister aujourd’hui pour réinventer demain », ouverte par le Premier ministre Jean Castex. Jean-Hervé Lorenzi pointe une différence de traitement des jeunes comparés aux actifs « Nous ne sommes pas du tout dans une logique où on prend le problème à bras le corps comme ça a été pris pour les actifs avec le chômage partiel et les aides. La formule « un jeune, une solution » est jolie mais ce n’est pas ça la réalité. La réalité c’est que les mesures prises sont très compliquées à comprendre."

Il préconise trois idées pour améliorer la situation des jeunes. "La première c’est qu’il faut, et c’est le moment ou jamais, avoir une position contractuelle. Il faut mettre beaucoup d’argent, mais la contrepartie c’est que le jeune recherche un emploi et une formation. La deuxième c’est qu’il faut simplifier fortement le dispositif. Enfin, il faut augmenter la garantie jeune, éclairer les formations qualifiantes, et être coaché par un agent, car l’argent ne suffit pas. On a mis beaucoup d’argent sur les actifs je m’en réjouis, maintenant il faut s’occuper des jeunes, et ce n’est pas encore le cas" conclue-t-il, estimant qu’il faudrait que le plan de relance alloue « deux ou trois fois plus » aux jeunes que les 7 milliards prévus.

data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAAAAACH5BAEKAAEALAAAAAABAAEAAAICTAEAOw==