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VIDÉO. François Asselin : “Protéger bien sûr les salariés d’une part, mais d’autre part aussi, les indépendants, parce que beaucoup de chefs d’entreprise n’ont pas de salaire"

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Présenté parJean-Paul Chapel

Diffusé le 18/03/2020Durée : 00h7

François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), est également patron d’une entreprise de charpente-menuiserie. “Ce que j’ai vécu est assez paradoxal. Dès l’annonce, et même avant l’annonce du président de la République lundi soir, j’avais en cascade des arrêts de chantier, qui venaient de tous mes clients, publics ou privés. Lorsque vos clients ferment l’accès aux chantiers, c’est très compliqué pour continuer à organiser la continuité du travail. Mes fournisseurs, eux-aussi, ont baissé le rideau. Troisième élément, j’ai eu beaucoup de salariés, qui veulent rester chez eux, qui ne veulent pas retourner au travail, parce qu’ils veulent respecter ce qu’on a pu entendre de partout : restez chez vous, il faut faire très attention pour ne pas se contaminer et contaminer les autres.

Selon François Asselin, aujourd’hui, “très peu” d’entreprises “ont des masques pour se protéger et protéger les autres. Donc elles se disent : est-ce que je peux continuer ou pas ? Et on nous dit, à partir du moment où vous respectez les gestes barrière, vous pouvez continuer. Admettez que c’est quand même pas évident.

Quid du droit de retrait ? “Le droit de retrait peut s’effectuer, dans la limite de ce que permet le droit du travail. Il faut qu’il soit objectif. Par exemple, vous êtes artisan, vous intervenez chez un particulier, c’est quand même compliqué de dire au particulier je peux travailler chez vous alors que lui a très peur de voir arriver du monde chez lui. Parce que tout ce qu’on nous dit, il ne faut pas se rencontrer les uns les autres.

Pour François Asselin, “le gouvernement a pris les mesures nécessaires pour d’abord protéger économiquement les salariés et puis une partie des entreprises. Parce que les indépendants, il reste encore des choses à voir”. “Côté salariés, côté entreprises, si vous devez arrêter votre activité, vous pouvez faire, même d’une façon rétroactive, votre demande de mise en chômage partiel, les salariés vont être pris en charge à hauteur de 100% de leur salaire, contrairement à ce qu’on a pu voir encore hier soir, dans certaines émissions. Puisqu’il y a un décret, qui est en cours de rédaction aujourd’hui au sein de l’exécutif.

Aucune entreprise ne doit être livrée au risque de faillite, est-ce le cas ? “C’est une grande et belle promesse. Je crains qu’elle soit extrêmement compliquée à tenir. On a eu l’épisode des Gilets jaunes, les grèves massives de fin d’année 2019, et là l’épidémie. Beaucoup d’entreprises et de commerces sont extrêmement fragilisés par tous ces épisodes. Ce que nous demandons c’est avant tout de protéger bien sûr les salariés d’une part, mais d’autre part aussi, les indépendants, parce que beaucoup de chefs d’entreprise n’ont pas de salaire. Ce sont les travailleurs non salariés donc on ne peut pas les prendre au niveau du chômage, donc il faut absolument penser aux personnes physiques.

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