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Frédéric Collet (président du Leem) : "La recherche est un processus aléatoire et compliqué"

a revoir

Présenté parJean-Paul Chapel

Diffusé le 02/02/2021Durée : 00h6

Frédéric Collet, président du Leem (Les entreprises du médicament) revient sur les nombreux vaccins qui pourraient bientôt être autorisés. "Ce qui compte, c'est qu'ils soient validés, approuvés et testés selon les normes européennes." Concernant le vaccin d'AstraZeneca : "Il y a un intérêt particulier car c'est un vaccin qui, en termes de conditionnement au froid, est plus flexible que les précédents. Dans la mesure où l'on veut permettre aux pharmaciens de vacciner, cette marge de flexibilité est importante à regarder.

Les autorisations de mise sur le marché se multiplient pour plusieurs vaccins étrangers mais il n'existe toujours pas de vaccin français. Frédéric Collet préfère relativiser et recontextualiser : "Il y a un an, nous découvrions à peine ce qu'était ce virus. En 12 mois, nous avons fait de la recherche pour trouver un traitement puis pour valider son efficacité. Enfin, nous avons commencé à vacciner. Normalement, il faut entre 7 et 10 ans." Il ajoute : "Le médicament n'est pas un produit comme un autre : on ne peut pas utiliser le savoir faire d'un domaine et le transposer à un autre aussi facilement que pour d'autres produits."

Un rapport du Conseil d'analyse économique, publié la semaine dernière, montre que les investissements publics dans le domaine de la santé ont diminué de 28 % entre 2011 et 2018. "Nous avons perdu en compétitivité dans le domaine de la recherche publique, déplore le président du Leem. C'est dommage car nous avons, en France, des instituts de recherche de dimension mondiale."  Pour lui, il est primordial de renforcer les collaborations entre le domaine public et le privé. 

Alors que la problématique de l'indépendance sanitaire est de nouveau apparue pendant cette crise, Frédéric Collet estime "qu'elle repose sur la cohérénce d'une chaîne : être compétitif dans le domaine de la recherche et lors de phase de fabrication". C'est-à-dire que les produits ne soient pas tous fabriqués à l'étranger. Il poursuit : "La France a perdu son leadership. Nous étions les premiers, en 2010, dans la fabrication de médicaments. Désormais, nous sommes quatrièmes." Mais tout n'est pas encore joué : "Nous pouvons encore renverser la tendance car nous avons un savoir-faire exceptionnel en France que ce soit dans le domaine scientifique ou industriel."

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