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Vidéo "Une nuit, il a ingéré des pesticides" : le réalisateur Edouard Bergeon raconte ce qui a poussé au suicide son père agriculteur

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Durée de la vidéo : 2 min.
VIDEO. "Une nuit, il a ingéré des pesticides" : le réalisateur Edouard Bergeon raconte ce qui a poussé au suicide son père agriculteur

Surendetté, pris à la gorge, victime de l’incendie de sa ferme… le père du metteur en scène, éleveur dans le Poitou, vit une descente aux enfers avant de mettre fin à ses jours, comme de nombreux agriculteurs chaque année en France… Extrait de la série d'été du magazine "20h30 le dimanche" diffusée le 6 septembre 2020, juste après le journal de France 2.

Dans son film Au nom de la terre (2019), qui a rencontré un grand succès, le réalisateur Edouard Bergeon raconte sa propre histoire familiale et la descente aux enfers de son père Christian Bergeon, et pourquoi cet éleveur dans le Poitou sombre dans la dépression jusqu’au suicide, comme de très nombreux agriculteurs en France.

"Quand il s’installe dans les années 1980, mon père subit de plein fouet un énorme changement avec la réforme de la PAC, la mondialisation, l’ouverture des marchés, l es consommateurs qui veulent manger toujours moins cher, les cours qui baissent, des investissements toujours plus gros pour faire grandir la ferme et des prix toujours plus bas…" rappelle-t-il au magazine "20h30 le dimanche" (replay).

"Mon père ne voulait pas mourir"

"Des aléas ne vont pas l’aider : une grosse sécheresse et en 1997 un incendie ravage la ferme. Il a vu partir en fumée vingt-cinq ans de travail en dix minutes. Et là, j’ai vu dans son regard qu’il y avait quelque chose qui avait changé. C’était fini, quelque chose s’était cassé en lui", se souvient le metteur en scène également auteur du documentaire Les fils de la terre (2010) sur le suicide des paysans français.

"En pleine souffrance, alors qu’il était au plus mal, mon père a cherché une porte de sortie en étant capable de prendre un traitement médicamenteux d’un mois d’antidépresseurs et de somnifères en moins d’une semaine pour s’assommer. Une nuit, il n’a pas pris des médicaments mais a ingéré des pesticides. Avant de mourir, il est venu me voir, en souffrant, en agonisant et en me criant qu’il ne voulait pas mourir. Il n’a jamais voulu mourir", témoigne Edouard Bergeon qui avait seize ans au moment du drame.

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