VIDEO. Stationnement : bugs informatiques, erreurs de pv, les couacs de la privatisation

Pour faire payer le stationnement, les villes montent au créneau. Les pervenches ont été remplacées par des agents employés par des sociétés privées. Beaucoup plus productifs, quitte à en faire parfois un peu trop ?

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L'Oeil du 20 heuresFrance Télévisions

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Depuis le 1er janvier, certaines villes ont confié le contrôle du stationnement à des entreprises privées. Deux d’entre elles, Streeteo et Moovia se partagent le marché. A Paris, leurs agents sillonnent les rues, ils scannent les plaques d'immatriculation des voitures pour vérifier si le stationnement est payé. S’il ne l’est pas, ils verbalisent.  

20 secondes pour mettre une contravention

Le système est particulièrement efficace. "Une petite vingtaine de secondes" pour mettre une contravention de l'avis d'un agent verbalisateur. Une rapidité qui n'est pas sans provoquer quelques couacs.

Des usagers, come Matis Pellerin ont été verbalisés alors qu'ils avaient réglé leur stationnement : "Début janvier j’ai eu le droit à trois PV, l’un sur l’autre à quelques jours d’intervalles. J’étais assez étonné parce que j'avais en fait réglé." Au total, ce dernier doit contester auprès de la mairie de Paris pour 105 euros d’amende. Plus insolite, des véhicules de police stationnés sur un emplacement réservé ont reçu des contraventions.

On a 400 contrôles à faire pour avoir une prime

Agent verbalisateur anonyme


Comment expliquer ces impairs ? Les agents ont-ils le temps de tout vérifier avant de verbaliser ? En caméra caché, un employé nous confie qu’il a un objectif quotidien à remplir : "On a 400 contrôles à faire. Avec 400 on à la prime. On vous paie mieux quand vous travaillez plus."  

Chez Moovia, on reconnaît qu’il y a des primes mais on conteste l’objectif des quatre cent contrôles par jour. Les erreurs seraient plutôt dues à des bugs techniques comme nous le confie Remy Harroue, directeur des opérations chez Moovia : "Il y a eu quelques petits couacs, entre la personne qui payait son stationnement, le contrôleur qui passait derrière, l’interface n'était pas mise à jour. Tout ça ce sont les débuts du fonctionnement mais aujourd’hui tout est réglé."

Juste après cette interview, nous tombons sur un usager verbalisé alors qu'il avait bien payé son stationnement. Son erreur : avoir ajouté le numéro du département à la fin de son numéro de plaque d'immtriculation au moment de payer l'horodateur. L'agent a scanné la plaque d'immatriculation sans prendre en compte le ticket placé sur le tableau de bord de l'usager.   

Doit-on donc s’attendre à une pluie de contraventions dans les villes qui privatisent le contrôle du stationnement ? L'ajoint aux Transports à la mairie de Paris, Christophe Najdovski (EELV) s'en défend : "On n’est pas dans une chasse aux PV comme on a pu l’entendre ici ou là puisque les sociétés sont rémunérées sur le nombre de paiment du stationnement donc sur le taux de paiement du stationnement et non pas sur le taux de PV.

Face aux dysfonctionnements, le maire du 15e arrondissement de Paris a demandé un audit sur une des sociétés privées. Il ne faudrait pas que les automobilistes soient pris pour des prunes.

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