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Des agriculteurs en tracteur manifestent à Paris contre la législation sur les pesticides

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Agriculture : 2 000 tracteurs ont convergé vers Paris
Article rédigé par France 2 - A.Peyrout, S.Cardon, P.Aubert, M.Barrois, A.Lopez
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La FNSEA revendique 3 000 manifestants. Ils déplorent notamment l'interdiction des néonicotinoïdes dans la culture de la betterave, en raison de leurs conséquences pour les abeilles.

Des agriculteurs en tracteur ont défilé à Paris, mercredi 8 février, pour exprimer leur colère contre les restrictions d'usage des pesticides et d'autres contraintes, une première depuis plus de trois ans. France 2 a recensé environ 2 000 participants tandis que la FNSEA en revendique 3 000 ainsi que 620 engins agricoles, qui ont convergé depuis le sud de la capitale et parcouru une partie du périphérique.

C'est la section FNSEA du Grand Bassin parisien, rejointe par la fédération nationale et le syndicat des planteurs de betteraves CGB qui ont appelé à la mobilisation, jusqu'au 20 février dans toute la France.

Les néonicotinoïdes comme pomme de discorde

Ils réagissent à la décision du gouvernement, le 23 janvier, de renoncer à délivrer une dérogation permettant de recourir aux néonicotinoïdes pour la culture de la betterave sucrière, conformément à une décision de la Cour de justice de l'Union européenne saluée par les ONG environnementales. 

"Si on a des solutions de remplacement plus vertueuses, on est prêts à y aller", assure à France 2 Jérôme Charpentier, un agriculteur manifestant. "Le problème, aujourd'hui, c'est qu'on ne les a pas". Une position qui fait débat jusque dans la profession : "On sait faire sans", assure un porte-parole de Confédération paysanne sur franceinfo, estimant que la baisse de production doit être compensée par une meilleure rémunération.

>> Néonicotinoïdes : quelles alternatives pour les betteraviers après l'abandon de ces pesticides "tueurs d'abeilles" ?

Les agriculteurs dénoncent, plus largement, la difficulté de leur métier, notamment la hausse de leurs coûts face à la flambée des prix de l'énergie. Ils réclament aussi de pouvoir stocker de l'eau pour irriguer leurs cultures.

Une délégation reçue par le ministre de l'Agriculture

"Jamais il n'a été autant question de souveraineté alimentaire, jamais il y a eu autant d'interdictions sans solutions", a déclaré la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert lors de ce rassemblement. Une trentaine d'élus étaient également présents, dont le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand : "Il n'est pas question de faire les mêmes conneries sur l'agriculture" que sur le nucléaire, a-t-il assené depuis la tribune.

Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a reçu dans la matinée une délégation de manifestants "pour échanger sur les défis auxquels ils sont confrontés et l'avenir des filières agricoles", selon un communiqué. Il réunira jeudi la filière betterave pour "présenter un plan d'actions et de soutien en réponse à la décision" européenne. Selon Franck Sander, président du CGB, présent aux Invalides, le ministre a promis que les betteraviers recevraient une "indemnisation totale" en cas de perte de rendements due à la jaunisse.

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