Un budget 2013 jugé "juste", "archi-faux" ou "trop timide"

Sans surprise, l'opposition dénonce le projet de loi de finances 2013, présenté vendredi matin par Jean-Marc Ayrault comme un "budget de combat". Il impose un effort fiscal de 20 milliards d'euros aux ménages et aux entreprises et de 10 milliards d'économies à l'Etat pour ramener le déficit public à 3% du PIB. Syndicats et patronat sont partagés.

(SIPA/Christophe Ena Autre)

Peu de surprise quant aux réactions provoquées par le projet de budget 2013. "Le Parti socialiste salue un budget de combat, de justice et de préparation de l'avenir ", indique par exemple Harlem Désir, futur premier secrétaire du PS.

Les efforts seront "justes " avait encore répété Jean-Marc Ayrault
vendredi matin, lors de la
présentation du budget 2013
. Le Premier ministre a assuré que "neuf
Français sur dix seront épargnés par les hausses d'impôts
".

L'opposition juge le projet de budget "à contre courant"

"C'est archi-faux ", a réagi vendredi Jean-François Copé. "Les
classes moyennes vont être concernées, les
classes populaires vont être concernées, 100% des Français vont payer des
impôts supplémentaires
", assure le secrétaire général de l'UMP. "Cette
politique va casser ce qu'il nous reste de croissance, les
objectifs de baisse du déficit ne seront pas atteints, et la croissance
du chômage ne sera pas inversée
", ajoute-t-il.

Même réaction du côté de Valérie
Pécresse : "100% des Français vont être touchés ", déclare
l'ancienne ministre du Budget de Nicolas Sarkozy. "Quand Jean-Marc
Ayrault dit qu'il ne taxera que les riches, c'est une hypocrisie
",
ajoute-t-elle.

Eric Woerth, lui, regrette : "C'est
à contre courant de ce qu'il faudrait faire
". "Il faut un choc
de compétitivité à notre pays, il faut des réformes
structurelles et pas uniquement des réformes cosmétiques
", ajoute le
député de l'Oise, ancien ministre du Budget.

Marine Le Pen juge pour sa part que ce budget "place la France sur le même chemin que la Grèce, l'Irlande, le Portugal et l'Espagne, un
chemin qui va droit dans le mur de l'euro
".

"Tout cela est très
timide et très insuffisant par rapport aux besoins" - Pierre Laurent (PCF)

De l'autre côté de l'échequier
politique, Jean-Luc Mélenchon, ancien candidat du Front de gauche à la présidentielle, indique dans un communiqué : "En matière de recettes, le budget 2013 est un budget inadapté pour riposter à la violence de la finance (...) En matière de dépenses, le budget sera un budget d'austérité (...) C'est un contre-sens économique qui va aggraver la récession. "

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, souhaitait lui
une réforme fiscale de plus grande ampleur. "Il y a au niveau des impôts
une tentative de rétablissement d'un peu de justice, en frappant les
plus riches, mais tout cela est très timide et très insuffisant par
rapport aux besoins de lutte contre la crise
", ajoute-t-il.

Enfin, selon deux députés Europe Ecologie-Les Verts, membres de la commission des Finances, ce budget est "courageux en matière de justice fiscale, mais encore très en deçà des ambitions affichées par le gouvernement en matière de transition écologique ".

Le patronat inquiet

Pour Laurence Parisot, présidente du Medef, ce budget fait "peser
un risque sérieux sur l'investissement et l'emploi
" et "hypothèque "
l'avenir. "Le Medef soutient l'objectif de réduction des déficits
publics à 3% du PIB en 2013
", écrit-elle dans un communiqué. "Cependant,
l'équilibre dépenses-recettes de ce PLF 2013 ne participe pas d'une
politique économique permettant d'allier désendettement et compétitivité
."

Les
syndicats plutôt satisfaits

Pour la CFDT, ce budget constitue "une
étape importante vers
plus de justice fiscale
". Il "marque une avancée vers un
rééquilibrage en faveur de la fiscalité directe progressive
" en
rapprochant le système

fiscal français de ce qui existe ailleurs en Europe, notamment avec "*une

tranche marginale d'imposition à 45% identique à celle de l'Allemagne* ",

estime le syndicat dans un communiqué.

La FSU, principal syndicat
de fonctionnaires, estime que "certaines mesures
fiscales vont dans le bon sens
" mais restent insuffisantes.