UMP : l'organisation voulue par Sarkozy inquiète des cadres du parti

Daniel Fasquelle, proche du président du parti, est désormais le trésorier. D'autres nominations à venir font déjà grincer des dents.

Nicolas Sarkozy à Paris, le 3 décembre 2014.
Nicolas Sarkozy à Paris, le 3 décembre 2014. (THOMAS SAMSON / AFP)

L'arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP ne fait pas que des heureux au sein de la formation. Le député sarkozyste Daniel Fasquelle est devenu trésorier du parti, mardi 2 décembre. Mais au-delà de cette premire nomination, c'est le reste de l'organigramme pressenti qui fait grincer des dents.

Des sarkozystes historiques à tous les étages

Le député-maire de Nice Christian Estrosi, l'ancien ministre du Budget Eric Woerth et le candidat à la présidence du parti Hervé Mariton intègrent le bureau politique. Mais ce n'est pas tout. Eric Ciotti et Gérald Darmanin – porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant la campagne pour la présidence du parti – pourraient être propulsés secrétaires adjoints.

Sans compter que le très exposé siège de secrétaire général devrait être donné à Laurent Wauquiez, ancien ministre de l'Enseigment supérieur, préféré à Nathalie Kosciusko-Morizet. "Nicolas Sarkozy l’aurait confié lors de ses entretiens à Jean-Pierre Raffarin et François Fillon", écrit Paris-Match.

"Cela ne représente pas nos valeurs"

Bref, l'équipe se met en place, Nicolas Sarkozy joue les rassembleurs et Nadine Morano parle d'une atmopshère "détendue".

Mais ce n'est pas l'avis de tous les membres du parti, comme chez les députés de France moderne humaniste, qui représente la branche libérale et démocrate de l'UMP. "Cela ne représente pas nos valeurs", explique au JDD.fr un élu qui a participé à une réunion, mercredi matin. Ils critiquent, entre autres, "la nomination attendue de Christian Estrosi, le maire de Nice, à la tête de la Commission nationale des investitures", précise le site de l'hebdomadaire.

Ils ne sont visiblement pas convaincus par l'arrivée auprès de Thierry Solère, en charge de l'organisation des primaires à droite en vue de 2017, de Brice Hortefeux, fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy, Bernard Accoyer proche de François et Edouard Philippe, proche d'Alain Juppé.

Qu'en disent Juppé et Fillon ?

Et si, comme le relatait Le Figaro, l'entourage de François Fillon s'est montré enthousiaste mardi après la rencontre entre l'ancien Premier ministre et l'ex-chef de l'Etat, un proche du député de Paris n'épargne pas le nouveau numéro un de l'UMP auprès du Monde : "En fait, avec Sarkozy, c’est la dictature du rassemblement ! Soit t’es dedans et tout va bien, soit t’y es pas et t’es un traître…"

Même Alain Juppé a changé de ton. Alors qu'il a critiqué le comité d'anciens Premiers ministres voulu par Nicolas Sarkozy, dénonçant "un comité naphtaline qu'on sortirait de l'armoire de temps en temps", il évoque mercredi sur son blog une "bonne rencontre" avec le chef du parti et la "volonté partagée de remettre l'UMP sur les bons rails".