Ségolène Royal a jugé insuffisantes mercredi les propositions de Nicolas Sarkozy sur le pouvoir d'achat

En perte de vitesse dans les sondages, la candidate à la primaire PS tente de refaire son retard.Soulignant qu'"on est très en deçà" des promesses du Président sur la répartition des profits, Mme Royal a décliné ses propositions sur RTL et souligné que ce n'était pas à "l'élite auto proclamée médiatico-politique" de désigner le candidat pour 2012.

Ségolène Royal s\'exprime lors d\'une visite au conseil régional de Martinique à Fort-de-France, le 21 février 2011.
Ségolène Royal s'exprime lors d'une visite au conseil régional de Martinique à Fort-de-France, le 21 février 2011. (AFP - Patrice Coppée)

En perte de vitesse dans les sondages, la candidate à la primaire PS tente de refaire son retard.

Soulignant qu'"on est très en deçà" des promesses du Président sur la répartition des profits, Mme Royal a décliné ses propositions sur RTL et souligné que ce n'était pas à "l'élite auto proclamée médiatico-politique" de désigner le candidat pour 2012.

Se disant d'accord "sur le principe" d'une prime lancée par le chef de l'Etat, Mme Royal a estimé: "Qui pourrait être contre ce constat ? Cela dit, le président de la République est bien en deçà de ce qu'il avait promis" à savoir "la règle des trois tiers-un tiers des résultats pour les salariés, un tiers des résultats pour les actionnaires et un tiers des résultats pour réinvestir dans les entreprises".

L'ex-candidate à l'Elysée a profité de cette prise de parole pour rappeler ses propositions.

Bloquer les prix, raccourcir les circuits
L'ex-candidate à l'Elysée a réitéré son idée de bloquer les prix de l'énergie, en particulier de l'essence et de "50 produits de base alimentaires et d'entretien". La veille elle avait suggéré que ces produits soient définis par les associations de consommateurs et la distribution, sous la médiation de l'Etat.

La présidente de la région Poitou-Charentes avait aussi insisté sur le contrôle des marges tout au long de la filière agro-alimentaire", mardi sur BFM-TV.

"Il n'est pas normal qu'à l'achat chez les éleveurs, les prix n'augmentent pas", a remarqué Mme Royal qui s'est émue également des "20% d'augmentation de certains produits alimentaires en France alors que chez le producteur, le paysan de base, non seulement ce prix n'augmente pas, mais il baisse".

"Je propose que toutes les grandes surfaces aient l'obligation d'acheter au moins 10% de leurs produits en circuit court", à savoir "directement au producteur", "de la fourche à la fourchette".

Ségolène Royal "encore debout" fait son chemin

Interrogée sur ses chances d'être désignée candidate à l'élection présidentielle par son parti? Mme Royal s'est montrée incisive. "Je pense surtout que ce n'est pas à l'élite auto-proclamée médiatico-politique de désigner qui va sortir des primaires". "Ce n'est pas le parti qui désigne, ce sont les Français", a-t-elle ajouté.

Mardi déjà, à la question "devant les difficultés, vous allez vous retirer ?", la présidente de Poitou-Charentes avait levé toute éventuelle ambigüité: "Je n'en ai pas le droit, je n'ai pas le droit d'arrêter. Ce n'est pas pour moi que j'avance, ce n'est pas par ambition personnelle que j'avance, c'est parce qu'il y a des millions de gens qui m'ont fait confiance et qui ne comprendraient pas que je m'arrête".

"C'est vrai que j'ai pris beaucoup de coups (..) qu'on ne m'a rien épargné. C'est vrai que je surprends parce que je suis encore debout, malgré toutes ces difficultés, malgré toutes ces embûches", a-t-elle poursuivi.

"Je n'ai pas surgi de nulle part, j'ai surgi à partir d'idées fortes et d'idées claires qui n'étaient pas habituelles dans la bouche des socialistes", a-t-elle ajouté, faisant valoir que "ces idées ont été intégrées dans le projet socialiste, ont fait leur chemin".

Sondages


Dominique Strauss-Kahn est le candidat préféré des sympathisants de gauche pour les primaires du PS (38% des intentions de vote) devant Martine Aubry (22%, +4 points), François Hollande (18%, - 4 points), Ségolène Royal (12%, égal à fin mars), Arnaud Montebourg, (4%, -1 point), Manuel Valls (3%, égal à fin mars).

Parmi les seuls sympathisants socialistes, Dominique Strauss-Kahn domine largement les autres candidats (50% d'intentions de vote, +9 points), devant François Hollande (20%, -5), Martine Aubry (17%, -2), Ségolène Royal (8%, -1), Arnaud Montebourg (2%, -4) et Manuel Valls (2%, -1).

* Enquête réalisée auprès de 1061 sympathisants de gauche, issu d'un échantillon de 1911 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogés par téléphone les 10 et 11 février. Au sein de l'échantillon des sympathisants de gauche ont été extraits 517 sympathisants socialistes.