"Bon choix", "Maltraitance sociale", "Mépris" : les réactions politiques à la nomination d'Elisabeth Borne comme Première ministre

Elisabeth Borne a été nommée Première ministre par Emmanuel Macron pour le second quinquennat du président de la République, lundi 16 mai. Les réactions politiques sont nombreuses.

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Radio France
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Elisabeth Borne a été nommée Première ministre, à Paris, le 16 mai 2022. (JEAN NICHOLAS GUILLO / MAXPPP)

Le président de la République a choisi de nommer, lundi 16 mai, Elisabeth Borne au poste de cheffe du futur gouvernement. Voici les premières réactions politiques à sa nomination à Matignon.

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Une poursuite du "saccage social", selon Marine Le Pen 

"En nommant Elisabeth Borne comme Premier Ministre, Emmanuel Macron démontre son incapacité à rassembler", réagit lundi Marine Le Pen. Elle dénonce également "la volonté" du président "de poursuivre sa politique de mépris, de déconstruction de l'État, de saccage social, de racket fiscal et de laxisme".

"Une nouvelle saison de maltraitance sociale commence", selon Jean-Luc Mélenchon 

"Une nouvelle saison de maltraitance sociale et écologique commence, réagit de son côté Jean-Luc Mélenchon. Élisabeth Borne incarne la continuité de la politique du président de la République. Elle est l'une des figures les plus dures de la maltraitance sociale macroniste." 

"Il existe une possibilité pour les Français de renvoyer Madame Borne et de faire un autre choix", estime-t-il, lundi soir, en conférence de presse. Le leader de La France insoumise propose "un débat" à la Première ministre pour "discuter du bilan de sa politique". 

Les "félicitations républicaines" de Valérie Pécresse 

L'ancienne candidate à l'élection présidentielle et présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse adresse quant à elle ses "félicitations républicaines" à Elisabeth Borne. Elle souligne son parcours d'engagement "incontestable" et "nécessaire pour devenir la deuxième femme Première ministre de notre pays".

"Une soumission à la gauche", selon Eric Zemmour

Eric Zemmour (Reconquête!), ancien candidat à la présidentielle, dénonce une "soumission à la gauche" : "Macron nomme à Matignon un Premier ministre de gauche. Mélenchon unit la gauche. Le Pen drague la gauche. LR se soumet à la gauche. Seul Reconquête! résiste et assume d'être le grand mouvement populaire de droite".

Pour Fabien Roussel, "Macron a trouvé sa Mme Thatcher"

Fabien Roussel, député PCF du Nord et ancien candidat à la présidentielle, rappelle le parcours de la nouvelle Première ministre : "Privatisation et mise en concurrence de la SNCF et de la RATP, réforme de l'assurance chômage au détriment de plus d'1 million d'allocataires, fossoyeuse de Fessenheim : avec Elisabeth Borne, Macron a trouvé sa Mme Thatcher. La technocratie au service de l'argent roi".

"Avec Elisabeth Borne, on repart avec les mêmes" regrette Christian Jacob (LR)

"Tout changer pour ne rien changer..." Christian Jacob, patron de LR, a réagi sur Twitter pour dénoncer "trois semaines de tergiversations et de petits arrangements, sans vision ni perspective. Avec la nomination d'Elisabeth Borne, on repart avec les mêmes".

"Emmanuel Macron fait un bon choix", pour Renaud Muselier, président de la région PACA

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier estime qu'"Emmanuel Macron fait un bon choix" et que la nomination d'"Elisabeth Borne à Matignon est une excellente nouvelle pour la France". "Pendant cinq ans, sur les thématiques des transports, de l’environnement comme de l’emploi, j’ai pu mesurer sa compétence et son engagement pour la France."

"Enfin une femme à Matignon", se réjouit la présidente du Grand Reims Catherine Vautrin

Un temps citée elle-aussi parmi les premiers ministrables, Catherine Vautrin, ancienne ministre sous Jacques Chirac et présidente du Grand Reims, se réjouit sur Twitter : "Enfin une femme à Matignon ! Bravo à Elisabeth Borne et plein succès à la France."

"Elle partage la responsabilité de ces cinq ans de perdus pour le climat", dénonce Julien Bayou (EELV)

Pour Julien Bayou, secrétaire national d'EELV, le parti "ne peut que se réjouir de voir, pour la seconde fois dans l'histoire de la cinquième République, une femme accéder à Matignon" mais "Elisabeth Borne, que ce soit en tant que ministre de l'Écologie ou Ministre des Transports, a échoué à mettre la France sur la trajectoire nécessaire pour respecter l'Accord de Paris. Elle partage, avec d'autres, la responsabilité de ces cinq ans de perdus pour le climat", et "en tant que ministre du Travail, elle a perpétué une politique brutale à l'égard des personnes les plus vulnérables dans le pays".

"On n'attend pas spécialement le miracle", réagit Marine Tondelier (EELV)

"Sur les sujets qui nous intéressent en tant qu'écologistes, on n'attend pas spécialement le miracle, même si on lui souhaite bonne chance", a réagi lundi sur franceinfo Marine Tondelier, conseillère régionale EELV des Hauts-de-France et conseillère municipale d'Hénin-Beaumont. Elisabeth Borne "a été ministre de la Transition écologique et solidaire", rappelle Marine Tondelier. "Comme vous le savez, ça n'a pas été brillant. La France a été condamnée pour inaction climatique, condamnée pour politique insuffisante sur la qualité de l'air." Selon elle, "tant que le gouvernement n'est pas écologiste, tant que le président n'est pas écologiste, c'est très compliqué"

L'arrivée d'une femme à Matignon "est un changement", reconnaît Marine Tondelier. Elle rappelle qu'Edith Cresson, "dernière femme" à ce poste, "n'a pas eu la tâche très facile. J'espère que, quelques années plus tard, ce sera plus simple pour Elisabeth Borne en tant que femme".

"Pas un brevet de féminisme", prévient la députée LFI Clémentine Autain 

"C'est une victoire pour toutes celles et tous ceux qui se battent depuis très longtemps pour l'égalité entre les hommes et les femmes en général, et en politique en particulier", a réagi lundi sur franceinfo Clémentine Autain, députée LFI de Seine-Saint-Denis. "Mais ce n'est ni un brevet de féminisme, ni l'assurance d'avoir une politique de progrès", tempère Clémentine Autain. "C'est même tout l'inverse avec le profil d'Elisabeth Borne." 

"La disparition de la fonction de Premier ministre", selon Florence Portelli, maire LR

La nomination d'Elisabeth Borne à Matignon "entérine la disparition (de la fonction de) Premier ministre", déplore lundi sur franceinfo la maire de Taverny et vice-présidente LR du conseil régional d'Île-de-France Florence Portelli. "C'est une dame qui a beaucoup de qualités, c'est une bonne technicienne, mais justement c'est une technocrate dans un système macronien où le vrai Premier ministre d'Emmanuel Macron, c'est lui-même."

Même si Florence Portelli estime que "c'est toujours bien" qu'une femme soit nommée Première ministre, mais qu'elle ne "devrait même pas à avoir à le commenter". puisque "les femmes sont tout à fait capables", celle qui fut porte-parole de la campagne de Valérie Pécresse se "méfie des symboles".

"Jean Castex devait être le symbole de la réconciliation avec les collectivités territoriales et le monde rural... Cela n'a pas vraiment été le cas." Elle considère par ailleurs que "les temps ont changé" et qu'Élisabeth Borne ne partira pas comme Édith Cresson en 1991 des comportements "orduriers" de la classe politique.

 

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