VIDEO. Kanaks : histoire d'un peuple opprimé qui réclame son indépendance

Alors que le référendum sur l’accession à la totale souveraineté des Kanaks en Nouvelle-Calédonie avait lieu ce dimanche 4 novembre, retour sur l’histoire de ce peuple mélanésien autochtone qui réclame son indépendance depuis des décennies.

BRUT

C’est finalement le "non" qui l’a emporté. Près de 20 ans après la signature des accords de Nouméa qui prévoyaient un référendum sur la totale indépendance de la Nouvelle-Calédonie, les 141 099 votants ont choisi à 56,4 % de rester liés à la métropole. Malgré la défaite, Louis Mapou, du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), s’est félicité des 43,6 % de votants favorables à l’indépendance des Kanaks, un peuple longtemps discriminé.

Une population opprimée

Dès 1853, l’administration coloniale française s’attribue la Nouvelle-Calédonie. Elle déplace et relègue les Kanaks dans des réserves lors des opérations du "grand cantonnement". Les Kanaks subissent alors la spoliation de leurs terres et une forte discrimination. En 1931, une centaine d’entre eux sont exhibés à l’Exposition coloniale de Paris comme "authentiques cannibales".

Qui n’hésite pas à se révolter

En conséquence de ces oppressions, les Kanaks réagissent souvent violemment, comme en 1878 où ont lieu les grandes révoltes ou encore en 1917 où les Kanaks se soulèvent contre l’administration coloniale française. En 1988, des gendarmes sont pris en otage dans une grotte sur l’île d’Ouvéa par des indépendantistes. 19 Kanaks et 2 militaires sont tués lors de l’assaut lancé par le GIGN.

Et se revendique "libre" depuis toujours

À l’origine, le terme Kanak signifie "homme" ou "homme libre". Mais au 19ème siècle, il se généralise sous la graphie “canaque“, en français, lui donnant un sens péjoratif. "C’est dans les années 70 au moment d’une sorte de retour de cette culture dans la cité que des gens comme Jean-Marie Tjibaou ont utilisé ce mot qui était devenu une insulte qui s’écrivait "canaque", qui représentait un peu le cannibale ou le sauvage et l’ont écrit "kanak" et en on fait un mot de fierté" explique Emmanuel Kasarhéou, ancien directeur du centre culturel Tjibaou. Empreint d’une forte charge identitaire, le terme "kanak" devient alors l’un des symboles des revendications culturelles et politiques Néo-calédoniens autochtones qui se battra, jusqu'aujourd'hui, pour son indépendance.

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