Réactions syndicales négatives aux mesures de rigueur annoncées par François Fillon

"Le gouvernement est dans la main des marchés financiers", "attitude méprisante vis-à-vis des organisations syndicales", "espèce de saupoudrage budgétaire" : telles sont les premières réactions syndicales négatives à l'annonce du plan de rigueur.

Après avoir fait descendre les syndicats dans la rue à l\'automne 2010, la réforme des retraites va maintenant occuper le terrain de la présidentielle.
Après avoir fait descendre les syndicats dans la rue à l'automne 2010, la réforme des retraites va maintenant occuper le terrain de la présidentielle. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

"Le gouvernement est dans la main des marchés financiers", "attitude méprisante vis-à-vis des organisations syndicales", "espèce de saupoudrage budgétaire" : telles sont les premières réactions syndicales négatives à l'annonce du plan de rigueur.

Les organisations syndicales n'ont pas tardé à réagir, lundi, aux annonces faites à midi par le premier ministre pour adapter les bugets 2011 et 2012 au ralentissement de la croissance économique. Ces premières réactions sont défavorables et critiques vis-à-vis du gouvernement.

"Plan d'austérité en cours", selon FO

Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO : "c'est bien un plan d'austérité qui est en cours". "Ce que vient d'anoncer le premier ministre montre bien que le gouvernement est dans la main des marchés financiers". "C'est une logique d'austérité et donc baisse de la croissance, on est en train de glisser vers une situation à l'espagnole ou à la grecque".

Réagissant sur France Inter, M. Mailly a ajouté : "La logique d'austérité est une logique suicidaire". Le gouvernement veut "faire croire que c'est équitable" mais la mesure concernant l'impôt sur les sociétés, "c'est programmé sur deux ans, alors que la retraite c'est programmé pour tout le temps".

"Pas d'emplois pour les seniors", pour la CGT

Selon Eric Aubin, spécialiste des retraites à la CGT : le gouvernement a de fait "choisi d'augmenter de quatre mois chaque année la durée de cotisation" et cela "sans aucune discussion avec les organisations syndicales sur cette mesure. On est dans une attitude méprisante vis-à-vis des organisations syndicales".

"Ce n'est pas l'avancement d'un an qui va permettre de régler la question des déficits des régimes des retraite", a poursuivi M. Aubin dans une déclaration à l'AFP. "Il y a des sommes à récupérer sur les cadeaux aux entreprises qui coûtent cher" mais ce sont "les salariés qui vont payer une partie de la crise alors qu'ils n'en sont en rien responsables. On recule l'âge de départ à la retraite mais on ne crée pas d'emplois pour les seniors".

"Pas de soutien à l'activité", d'après la CFDT

Dans une déclaration remise également à l'AFP, Véronique Descacq secrétaire nationale de la CFDT, note : "c'est décevant parce que c'est une espèce de saupoudrage budgétaire. Ca ne semble pas répondre aux enjeux de la période, il y a une récession qui s'annonce et là il n'y pas de mesure de soutien à l'activité et à l'emploi".

"Ca s'est fait en l'absence totale de dialogue social. On n'a pas été reçu et il n'a pas été tenu compte de nos propositions", notamment sur "la suppression des exonérations sur les heures supplémentaires", indique Mme Descacq.

"Des effets extrêmement graves", pour l'Unsa

Enfin, pour Luc Bérille, secrétaire général de l'Unsa, le plan de rigueur "impactera les plus fragiles, notamment par une désindexation de nombreuses prestations sociales. C'est une des mesures les plus injustes de ce plan qui aura des effets extrêmement graves à court et moyen terme".

"L'accélération de la mise en oeuvre de la réforme des retraites, poursuit-il dans un communiqué, alourdira un des dispositifs les plus durs d'Europe".