Primaire de la gauche : cinq choses que vous ignorez peut-être sur Jean-Luc Bennahmias

Jean-Luc Bennahmias, candidat à la primaire pour le compte de l’Union des démocrates et des écologistes, souffre d'un déficit de notoriété.

L\'écologiste Jean-Luc Bennahmias lors d\'un meeting à Marseille, le 3 décembre 2015.
L'écologiste Jean-Luc Bennahmias lors d'un meeting à Marseille, le 3 décembre 2015. (MAXPPP)

Il compte défendre les couleurs de l'Union des démocrates et des écologistes dans la primaire de la gauche. A 62 ans, l'ancien député européen Jean-Luc Bennahmias a navigué entre Les Verts et le MoDem. Lucide sur ses chances dans la compétition, il entend surtout profiter de la publicité offerte par la primaire pour défendre notamment son idée d'une large alliance progressiste, allant de "Jean-Luc Mélenchon à l’électorat de Nathalie Kosciusko-Morizet". Voici cinq choses à savoir sur ce candidat inclassable.

Il a été scout dans sa jeunesse

De 7 ans à 23 ans, Jean-Luc Bennahmias a porté un foulard autour du cou au sein des Eclaireurs unionistes de France, un mouvement de scoutisme protestant. Mais "il n'y a jamais eu de pression religieuse", assure-t-il dans une vidéo en 2011. "C’est un élément fondateur et formateur de ce que je suis", ajoute-t-il dans les colonnes de La Croix. Interrogé par franceinfo, il ajoute qu'il a aussi trouvé sa voie de journaliste grâce au scoutisme, avec l'aventure du journal Antirouille.

Le scoutisme m'a appris la tolérance et à vivre collectivement.Jean-Luc Bennahmiasà franceinfo

Il a débuté comme journaliste militant

Jean-Luc Bennahmias commence sa carrière à 20 ans, en s'essayant au journalisme militant dans des magazines alternatifs et écologistes comme La Gueule ouverte. Il évolue à l'époque dans un cercle écolo-libertaire, milite brièvement au Parti socialiste unifié (PSU), et participe régulièrement aux rassemblements de "l'Appel du 18 joint" en faveur de la légalisation du cannabis, comme le raconte Le Monde. Il quitte le domicile parental pour aller vivre dans une communauté en banlieue parisienne, rapporte Libération, et rencontre Lise, la mère de ses enfants.

Je voulais être journaliste sportif, mais la vie a fait que je suis devenu généraliste.Jean-Luc Bennahmiasà franceinfo

Après avoir rangé sa boucle d'oreille dorée, il termine ses études d'histoire et obtient un diplôme d’université de formation pour adultes. Il va alors prêter sa plume à diverses publications, comme Télé 7 jours, La Vie ou L'Evénement du jeudi. Il garde de cette époque un sens de la formule, comme le montre le titre de son dernier livre, Un président devrait dire ça... (en référence au livre de confidences de François Hollande, Un président ne devrait pas dire ça).

C'est un fervent supporter du FC Nantes

Jean-Luc Bennahmias est un féru de sport, et plus particulièrement de football. Il a pu laisser libre cours à sa passion dans les années 1990 en participant aux avant-matchs sur Europe 1. Lecteur fidèle du journal L'Equipe, il continue à donner régulièrement son avis sur l'actualité du ballon rond dans les médias ou sur son blog. "Je suis opposé à une Coupe du monde à 48 pays", confie ainsi à franceinfo ce supporter du FC Nantes (il a toujours sa carte de supporter dans la poche).

Comme il le confie à La Croix, il n'a qu'un seul "léger" regret dans sa carrière : "Ne pas avoir été ministre de la Jeunesse et des Sports." Ces trois dernières années, il a rencontré à plusieurs reprises le président François Hollande, et a pu partager sa passion du football avec lui. "On ne parlait pas que de ça, mais effectivement ça pouvait nous arriver de parler du FC Nantes et de Rouen", confirme le candidat à franceinfo.

Il a navigué entre Les Verts et le MoDem

Peu connu du grand public, Jean-Luc Bennahmias a été secrétaire national des Verts de 1997 à 2001. Il gère au cours de cette période la cuisine interne du parti écologiste, et les tensions entre les différents courants. Il n'est pas récompensé dans un premier temps, et doit laisser sa place sur la liste pour les élections européennes de 1999. "Jean-Luc a toujours été le dindon de la farce", estime dans Le Monde l'écologiste Noël Mamère.

Il finira par être élu en 2004, conseiller régional, puis au Parlement européen jusqu'en 2014. Mais fatigué par le fonctionnement des Verts, il claque finalement la porte en 2007 et participe à la fondation du MoDem avant de prendre la vice-présidence du parti de François Bayrou. Il s'agit du choix le plus radical de sa carrière : "Je savais ce que je faisais, mais ça a été assez difficile à comprendre pour mes proches", confie-t-il à franceinfo.

A l'image de son parcours et en se référant au Conseil national de la résistance, Jean-Luc Bennahmias appelle aujourd'hui à une large alliance pour contrer "les conservateurs" réunis derrière François Fillon. Il s'inquiète de la possible élimination des candidats de gauche au premier tour de la présidentielle si Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et le vainqueur de la primaire sont candidats.

Ce que je propose, c’est un arc progressiste qui va de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon à l’électorat de Nathalie Kosciusko-Morizet. Jean-Luc Bennahmiasà franceinfo

Il a surmonté un cancer (et n'hésite pas à en rire)

Traité par chimiothérapie, Jean-Luc Bennahmias a vaincu il y a quelques années un cancer, un lymphome ganglionnaire. Il n'hésite pas à en rire aujourd'hui : "Je n'avais plus un cheveu sur le caillou, mais ce n'était pas bien grave vu que j'en avais pas beaucoup à la base." Il ne tire aujourd'hui aucune fierté de sa victoire contre la maladie : "J'ai vu tellement de copains et copines partir jeunes du jour au lendemain que je ne vais pas frimer. J'ai eu de la chance d'avoir un protocole de soins qui a marché, et c'est tout."