Election de Benoît Hamon : "Une génération nouvelle tente d’imposer un nouvel agenda au Parti socialiste"

Après sa victoire face à Manuel Valls, dimanche, à la primaire de la gauche, Benoît Hamon doit rassembler sa famille politique. Selon le politologue Olivier Ihl, invité de franceinfo lundi, il lui faut aussi composer avec l'émergence d'une "nouvelle génération d'électeurs de gauche".

Benoît Hamon, vainqueur de la primaire de la gauche, le 29 janvier 2017.
Benoît Hamon, vainqueur de la primaire de la gauche, le 29 janvier 2017. (?QUENTIN VEUILLET /WOSTOK PRESS / MAXPPP)

Benoît Hamon a remporté la primaire de la gauche, dimanche 29 janvier, face à Manuel Valls. Il a remporté 58,87 % des voix, contre 41,13 % pour Manuel Valls. Olivier Ihl, politologue à Sciences Po Grenoble, a estimé, lundi sur franceinfo que ceux qui ont voté Benoît Hamon représentent une "nouvelle génération" d’électeurs de gauche" qui vient, selon lui, "sanctionner la politique du gouvernement".

franceinfo : Qui sont les électeurs qui ont voté pour Benoît Hamon dimanche ?

Olivier Ihl : Les premiers éléments montrent qu’il s’agit à l’évidence d’un public plus jeune, plus urbain, plutôt diplômé : une génération nouvelle qui tente d’imposer un nouvel agenda au Parti socialiste.

Elle veut le recentrer sur des questions plus sociales, plus environnementales, des questions de société aussi. C’est également un public qui vient sanctionner la politique du gouvernement. C’est une autre gauche qui a pris la parole. Elle met l'accent sur les valeurs traditionnelles de la gauche, et veut exprimer une colère à l’égard de ce qui s’est passé depuis cinq ans.

Ces électeurs veulent un nouveau cadre plutôt que la politique dite "réaliste" de Manuel Valls ?

C’est une ouverture vers les préoccupations écologistes, qui avaient disparu de l’agenda gouvernemental après le départ des écologistes de la majorité que représentait Manuel Valls. C’est aussi un souci d’être au plus près des attentes des citoyens en matière sociale : la question sociale fait un retour en force.

C’est aussi une préoccupation nouvelle donnée à des questions comme la manière dont nous mangeons, la question du cannabis, la façon dont l’économie sociale et solidaire peut trouver sa place au sein du système productif français. En bref, c'est l'apparition de nouvelles aspirations.

La gauche de Benoît Hamon, très décriée, est-elle dans l’impossibilité d’accéder au pouvoir ?

Le principal enseignement de cette primaire, c’est de ne plus endosser la politique purement gestionnaire dans laquelle la gauche a cru fixer son avenir. Il faudra être attentif pour voir comment cette dynamique peut s’élargir.

Ce sera difficile car Benoît Hamon est coincé entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Sa dynamique est encore assez timide, et il doit porter un héritage très lourd qui est source de mécontentement et de colère dans l’opinion publique. Ce mouvement est modeste, fragile, mais il semble indiquer un avenir possible aux générations qui croient au Parti socialiste.

"Il y a une nouvelle génération qui veut imposer un nouvel agenda au PS" estime Olivier Ihl
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