Nouvelle réunion du Congrès à Versailles : "Monsieur Macron pense que les Français ont besoin d'un monarque"

Emmanuel Macron réunira de nouveau le Congrès en juillet 2018 à Versailles, pour rendre compte de son action. Mais cette façon de faire ne ravit pas tous les députés.

Les députés et sénateurs réunis en congrès à Versailles le 3 juillet 2017.
Les députés et sénateurs réunis en congrès à Versailles le 3 juillet 2017. (ERIC FEFERBERG / POOL)

C'était une promesse de sa campagne présidentielle, et il s'y était engagé de nouveau en juillet 2017 : Emmanuel Macron réunira à nouveau le Congrès à Versailles au début de l'été.

Mais à l’exception des élus de la majorité, l’organisation de cette réunion fait grincer des dents sur tous les bancs de l’Assemblée nationale.

"J'ai cru comprendre que le président allait réserver sa parole", s'interroge Luc Carvounas, député PS du Val-de-Marne. "Mais depuis plusieurs mois, on l'entend sur tout et n'importe quoi. On a un président autoritaire et qui dirige seul ce pays."

Une dérive monarchique ?

L’an dernier, les députés communistes et de la France Insoumise avaient boycotté ce Congrès. "On ne voulait pas servir de potiches", explique Alexis Corbière, député de La France insoumise en Seine-Saint-Denis. Pour cette fois, "on va en discuter. Je trouve que c'est une drôle d'utilisation des institutions. Mais ça va bien avec la vision de monsieur Macron qui pense que les Français ont besoin d'un monarque."

"C'est justement le contraire d'une dérive monarchique", rétorque Stanislas Guérini, l’un des porte parole des députés La République en marche. "C'est l'affirmation du respect plein et entier de devoir rendre des comptes devant le Parlement."

Entre 200 000 et 500 000 euros

La droite ira, mais en traînant les pieds, à l'image de Daniel Fasquelle. Le député Les Républicains du Touquet s'estime "contraint et forcé. Je pense que cette réunion ne sert à rien, comme la précédente n'avait servi à rien, si ce n'est à jeter de l'argent par les fenêtres". 

Organiser un Congrès coûte entre 200 000 et 500 000 euros. Une facture payée à la fois par l’Élysée, l’Assemblée nationale et le Sénat.