Les critiques d'Aubry relancent les divisions au sein du Parti socialiste

Le Premier ministre Manuel Valls et ses partisans ont regretté la sortie de la maire de Lille. Mais les frondeurs se frottent les mains.

Le Premier ministre, Manuel Valls, et la maire de Lille, Martine Aubry, le 15 mai 2014 à Lille (Nord).
Le Premier ministre, Manuel Valls, et la maire de Lille, Martine Aubry, le 15 mai 2014 à Lille (Nord). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

C'est reparti pour un tour. Les vives critiques de Martine Aubry contre la politique du gouvernement dimanche 19 octobre ont relancé les divisions au sein de la majorité entre soutiens de l'exécutif et frondeurs. Comme ces derniers, la maire de Lille a réclamé dans les colonnes du Journal du Dimanche une "réorientation" de la politique menée depuis 2012.

Francetv info revient sur les principales réactions.

"On ne peut pas zigzaguer", estime Valls

Invité dimanche au Congrès du Parti radical de gauche, le Premier ministre Manuel Valls a répondu indirectement à la maire de Lille. "A gauche, nous avons toujours considéré la diversité comme une richesse. Nous la faisons vivre chaque jour, même chaque dimanche", a-t-il glissé en souriant. "Parfois un peu trop, mais il faut avoir les nerfs solides. Comptez sur moi pour avoir les nerfs solides", a-t-il lâché.

Devant les journalistes, il s'est fait plus mordant. "On ne peut pas zigzaguer, changer tous les jours de position. Les entreprises ont besoin de lisibilité, de visibilité. Je suis fier que ce gouvernement, cette majorité, soient aux côtés des entreprises, de toutes les entreprises, mais enfin ça ne devrait même pas faire débat...", a-t-il encore affirmé.

Le Premier ministre peut en tout cas compter sur le soutien de ses hôtes du jour. "Le travail qui est fait est bien fait, nous soutenons la politique de Manuel Valls et nous ne sommes pas d'accord avec Martine Aubry", a déclaré Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche.

"Le débat politique ne peut toujours consister à vouloir revenir en arrière", tacle Bruno Le Roux

Sur Radio J, le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux, est monté au front pour soutenir le gouvernement. "Le débat politique ne peut toujours consister à vouloir revenir en arrière", a-t-il déclaré, avant de s'attaquer à la contribution de Martine Aubry aux états généraux du PS, mise en ligne dans la foulée de l'interview. "J'ai vu beaucoup d'éléments dans ce texte qui sont connus, qui ont été débattus ces deux dernières années, qui ont été tranchés (...) et rejetés. Les états généraux, c'est pas simplement la machine à revenir sur tout ce qui est tranché"", a-t-il expliqué. 

Sur les critiques de fond de l'ancienne première secrétaire, le député socialiste a défendu les orientations du gouvernement. "Je ne crois pas que ce soit en faisant machine arrière, je ne crois pas que ce soit en faisant le virage à 90°, je ne crois pas non plus que ce soit en remettant en cause tout ce que nous avons fait depuis deux ans que nous arriverons à redresser la situation du pays", a-t-il dit. A propos de la petite phrase de la maire de Lille sur les "vieilles recettes libérales", Bruno Le Roux a estimé que parler de "vieilles recettes libérales, c'est caricaturer l'action de notre gouvernement."

"C'est une parole forte qui est bienvenue", se réjouit un frondeur

Du côté des frondeurs, ces députés qui se sont abstenus ces derniers mois sur plusieurs textes proposés par le gouvernement, on se frotte les mains. "C'est une parole forte qui est bienvenue", a confié à France Inter le député Pouria Amirshahi. 

"Il faut faire comprendre, et sans doute la parole de Martine Aubry a cette force là, à l'exécutif que ce n'est pas un péché d'orgueil de revoir une politique qui ne fonctionne pas", a développé l'élu des Français de l'étranger. Pour l'une de ses camarades, la députée Fanélie Carrey-Conte, cette sortie de la maire de Lille est une "bouffée d'oxygène".