Elections européennes : "La gauche existe encore dans ce pays", se réjouit Raphaël Glucksmann

L'eurodéputé PS-Place publique a estimé lundi sur franceinfo que "c'est à tous de reconstruire la gauche" après les élections européennes de dimanche.

FRANCEINFO / RADIO FRANCE

"Je ne m'arrêterai pas tant que le drapeau de la gauche ne sera pas relevé." C'est un Raphaël Glucksmann déterminé qui a affirmé sa motivation sur franceinfo, lundi 27 mai, après avoir récolté 6,19% des suffrages aux élections européennes de dimanche. "Le message, c'est que la gauche existe encore dans ce pays", a-t-il assuré. La tête de liste PS-Place Publique a estimé que le projet qu'il portait avait réussi à s'affranchir du duel entre La République en marche et le Rassemblement national. "On a cherché à enfermer les Françaises et les Français dans un face-à-face entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Or, en réalité, il y a une gauche dans ce pays."

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"Le PS renaît", assure Raphaël Glucksmann. "Quand vous prenez les élections présidentielles, Benoît Hamon était soutenu par le Parti socialiste et les écologistes. Tout ça ensemble faisait 6%. Aujourd'hui, toutes ces forces mises ensemble font plus que 20%. Il y a donc une renaissance de la gauche."

Rassembler la gauche, l'affaire de tous

Celui qui a terminé en sixième position du scrutin appelle désormais au rassemblement de la gauche : "La responsabilité qui est la nôtre, maintenant, c'est de produire une offre politique qui soit commune." Il évoque notamment des "convergences assez claires" entre les différents candidats qui se sont présentés à gauche. "Pendant les débats de la campagne, ce qui a sauté aux yeux des téléspectateurs, c'est qu'entre Benoît Hamon, Yannick Jadot et moi, les différences étaient quand même assez ténues sur le fond des propositions et des idées. Et même avec Manon Aubry."

La question d'une alliance se pose notamment avec les Verts, après la percée de la liste EELV lors du scrutin (13,47%). "La gauche du XXIe siècle, c'est l'impératif de la transformation écologique et la quête de justice sociale réunies. Il faut arriver à faire se rencontrer ces deux options politiques, ces deux visions." S'il perçoit EELV comme "une force motrice" dans le cadre de cette recomposition, il estime également que "c'est à tous de reconstruire la gauche". Et appelle à éviter la personnalisation excessive :

Il faut sortir de cette question des chefs. Le bal des ego a conduit la gauche à un morcellement, un éparpillement et c'est de cela qu'il faut sortir.

Raphaël Glucksmann

à franceinfo

Raphaël Glucksmann n'exclut pas non plus de discuter avec La France insoumise, qui a réalisé un score similaire à sa liste (6,31%). "Se retrouver à égalité avec La France insoumise, c'est plutôt une bonne surprise dans ces élections. C'est un soulagement." Il y voit également "une immense responsabilité", affirmant qu'une gauche plus unie lors de ce scrutin aurait donné un "moyen de contester ce match entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen"

Il appelle cependant les Insoumis à clarifier leur position, notamment sur l'Europe. "J'inclus tous les gens qui seraient d'accord sur des principes et des idées mais il faut que chacun clarifie sa ligne, sa doctrine." Et de s'interroger : "Est-ce que c'est la volonté de rassembler à gauche, de proposer une politique plus démocratique, plus écologique, plus sociale dans le cadre de l'Europe, ou est-ce que c'est une stratégie populiste ?"

Raphaël Glucksmann, invité de franceinfo le 27 mai 2019.
Raphaël Glucksmann, invité de franceinfo le 27 mai 2019. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)