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Au Parti socialiste, "il y a l'idée que cette élection présidentielle est perdue"

Professeur de sciences politiques, Rémi Lefebvre a fait le point sur la situation actuelle de la gauche, dimanche sur franceinfo, 

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Radio France
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  (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste (PS), souhaite voir Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron rejoindre la primaire de la gauche. Selon Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à l'Université de Lille-2, le PS est pris de fatalisme : "Il y a l'idée que cette élection présidentielle est perdue" a-t-il déclaré dimanche 11 décembre sur franceinfo.

franceinfo : Le PS est-il en voie de disparition ?

Rémi Lefebvre : Le Parti socialiste est en état de crise chronique. La crise, c'est quasiment un état normal de son fonctionnement. Mais là, on est arrivé à une crise d'une intensité inédite. On peut dire que le Parti socialiste sort très abîmé des cinq ans au pouvoir parce qu'il a perdu toutes les élections intermédiaires. Il a perdu l'essentiel de ses élus, or c'est un parti d'élus. Ce qui est nouveau pour le PS, c'est que pendant très longtemps il était en situation d'hégémonie à gauche. C'était le parti dominant depuis la fin des années 1970. Et là, cette situation de parti dominant qui détermine un vote utile des électeurs de gauche est en train de chanceler. La perspective que deux outsiders de gauche, Emmanuel Macron plus à droite et Jean-Luc Mélenchon plus à gauche, dépassent le PS est devenue une menace extrêmement crédible.

Les membres du Parti socialiste croient-ils encore à une victoire à l'élection présidentielle ?

Il y a une résignation parce qu'on ne voit pas trop ce qui pourrait conduire à un sursaut. La gauche est complètement divisée donc, d'un certain point de vue, le PS n'est pas maître de son destin. La capacité de la gauche à être au deuxième tour ne dépend pas simplement du parti mais aussi des autres partenaires, et très clairement, Jean-Luc Mélenchon souhaite détruire le PS, il souhaite l'affaiblir. Il y a une sorte de résignation parce que le PS ne voit pas vraiment d'issue, il ne voit pas vraiment de leaders qui font autorité, qui font consensus, et du coup il y a une espèce de fatalisme. Il y a l'idée que cette élection présidentielle est perdue.

Dans les mois à venir, comment voyez-vous l'avenir du PS ?

Il y a un groupe parlementaire socialiste avec une majorité absolue des sièges à l'Assemblée nationale à préserver. Mais là encore, les députés se sentent impuissants. D'ailleurs il y a plus d'un tiers des députés qui ont renoncé à se représenter. Et ce que cherchent la plupart d'entre eux, c'est de sauver les meubles et de sauver leur peau dans un contexte où ils ne sont pas vraiment maîtres de la situation. Aujourd'hui, de plus en plus, les élections des députés dépendent de l'élection présidentielle. Les députés voient qu'il n'y a pas vraiment d'issue. Donc il y a un fatalisme général qui s'est installé dans ce parti.

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