Drogue, effectifs de police... Ce qu'il faut retenir de l'entretien d'Emmanuel Macron au "Figaro" sur la sécurité

Le président de la République a défendu son bilan et déclaré que "la violence s'ancre d'abord dans les quartiers les plus pauvres" et "touche les plus modestes".

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Emmanuel Macron lors d'une visite dans un service de psychiatrie pour enfants, le 14 avril 2021 à Reims (Marne). (CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP)

A un an de l'élection présidentielle, le président de la République Emmanuel Macron a accordé un long entretien au Figaro, dimanche 18 avril, pour défendre sa politique en matière de sécurité. Voici les principales annonces.

Un débat national sur la drogue

Emmanuel Macron appelle à "lancer un grand débat national sur la consommation de drogue et ses effets délétères" pour "briser ce tabou". Le président de la République ajoute qu'il ne souhaite "laisser aucun répit aux trafiquants de drogue", avec pour objectif de "faire reculer la délinquance partout". Il vante la création de l'Office anti-stupéfiants et défend une logique de harcèlement des dealers, avec plus de "1 000 opérations 'coup de poing'" menées "ces dernières semaines" sur "les 4 000 points de deal répertoriés récemment". Emmanuel Macron ajoute que "ceux qui prennent de la drogue – et cela concerne toutes les catégories sociales – doivent comprendre (...) qu'ils alimentent aussi le plus grand des trafics". Il précise enfin que 70 000 amendes forfaitaires délictuelles ont été dressées depuis septembre pour consommation de drogue.

Un changement de la loi sur la responsabilité pénale

La Cour de cassation a confirmé mercredi l'irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi, qui ne sera donc pas jugé. Les experts psychiatriques qui ont travaillé sur ce dossier s'accordent tous pour dire qu'il souffrait de "bouffée délirante" lors du meurtre de sa voisine juive, 64 ans, frappée et défenestrée en 2017 aux cris d'"Allah Akbar". "Il n'existe pas, c'est vrai, de principe d'exclusion systématique de l'irresponsabilité pénale en cas d'absorption volontaire de stupéfiants", déclare Emmanuel Macron. "Mais décider de prendre des stupéfiants et devenir alors 'comme fou' ne devrait pas à mes yeux supprimer votre responsabilité pénale". Le président de la République souhaite donc que le garde des Sceaux présente "au plus vite un changement de la loi" : "pas de fausse impunité".

Objectifs maintenus pour les effectifs des forces de l'ordre et pour les places de prison

Emmanuel Macron conserve son objectif de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires d'ici la fin du quinquennat. "Chaque circonscription de police aura plus de policiers à la fin du quinquennat qu'au début, sans exception". Il a aussi annoncé la création d’une réserve de 30 000 hommes dans la police, tandis que celle de la gendarmerie "passera de 30 000 à 50 000 hommes". Concrètement, cela veut dire que chaque Français verra plus de bleu sur le terrain en 2022 qu’en 2017. Enfin, une "école de guerre avec de la formation continue" sera créée à Montpellier (Hérault) et l'uniforme sera modernisé, avec le remplacement de la casquette par un calot.

Emmanuel Macron s'était fixé pour objectif de créer 15 000 places de prison durant son quinquennat. Il affirme que 7 000 sont déjà lancées et que les 8 000 restantes le seront "dans la foulée".

La généralisation des caméras-piétons

Emmanuel Macron est revenu sur la mise en place des caméras-piétons, l'une des mesures de la loi "sécurité globale". Ces dispositifs fixés sur la tenue des agents seront généralisés cet été dans toutes les brigades, "puis un an plus tard pout tous les policiers". Le président estime que ces outils vont "inhiber les gens violents" et "vont tout changer". "Je peux vous garantir que quand vous vous savez filmé, vous réagissez différemment", veut croire le locataire de l'Elysée.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.