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Pourquoi les écologistes sont chouchoutés par Hollande

A six mois des municipales, l'exécutif multiplie les gestes d'apaisement à l'égard des Verts et de leurs alliés.

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À Marseille - Bastien Hugues
France Télévisions
Publié Mis à jour
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Les deux ministres écologistes Pascal Canfin et Cécile Duflot, lors des journées d'été d'EELV, le 22 août 2013 à Marseille (Bouches-du-Rhône). ( MAXPPP)

En vingt-quatre heures, François Hollande a réussi à détendre l'atmosphère des Journées d'été d'EELV, vendredi 23 août, à Marseille. Vindicatifs hier, les écolos semblent aujourd'hui nettement plus détendus. Raison de ce sourire retrouvé ? Lors de la grande réunion plénière de jeudi soir – pourtant peu amicalement intitulée : "L'an II du quinquennat : vers un changement de cap ?" –, le ministre socialiste de l'Ecologie, Philippe Martin, est venu jouer les pères Noël en plein mois d'août.

Retour de la taxe carbone via la création d'une "contribution climat énergie", maintien du budget de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), nouvel engagement à fermer la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) d'ici à la fin 2016 et à ne pas autoriser l'exploration des gaz de schiste, promesse de s'opposer aux OGM sur la scène européenne... "Nous sommes très satisfaits de ces annonces", sourit le ministre écologiste Pascal Canfin. "Philippe Martin a rempli le contrat", acquiesce le député européen José Bové. Même si tous attendent désormais "que les promesses soient transposées en actes", ces annonces ont clairement fait retomber le thermomètre écolo. 

Les Verts en position de force

Il faut dire qu'à six mois des élections municipales, les Verts sont en position de force. Vu l'impopularité de l'exécutif dans les sondages, les socialistes s'attendent à un scrutin compliqué. Certains commencent même à redouter la fameuse "vague bleue". Une vague qu'ils aimeraient éviter avec le soutien de leurs amis Verts. 

A l'Elysée, François Hollande répète depuis plusieurs semaines à ses visiteurs du soir qu'il aimerait que le PS et EELV présentent des listes communes dès le premier tour. Pour l'instant, c'est mal parti. Paris, Marseille, Toulouse, Nantes... Dans de nombreuses villes, les écolos ont prévenu qu'ils feraient cavalier seul. "Les listes autonomes, ce sera la règle. Les listes communes, ce sera l'exception", martèle un député. D'autant que, selon le dernier baromètre Ifop-JDD, une nette majorité de sympathisants EELV (60%) se disent mécontents de l'action de François Hollande. "Si d'ici à mars, les actes vont dans le bon sens, ça peut encore changer, sourit l'un des cadres d'Europe Ecologie. Ce qu'on a entendu de Philippe Martin hier, par exemple, va dans le bon sens."

"Au sein du gouvernement, il y a un frémissement. Les chosent bougent", observe lui aussi le patron des Verts, Pascal Durand. Ce frémissement n'est-il qu'une technique opportuniste de la part du gouvernement pour se rabibocher avec l'électorat écologiste en vue des prochaines élections ? Durand préfère esquiver : "Je ne vais pas commencer à faire des procès d'intention...".

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