Pour Mélenchon, Hollande est "pire" que Sarkozy

L'ancien candidat à la présidentielle a accusé le chef de l'Etat de "ruiner" la France et "d'étrangler ceux qui ne peuvent pas se défendre".

Jean-Luc Mélenchon, vendredi 22 août 2014 à Saint-Martin-d\'Heres (Isère).
Jean-Luc Mélenchon, vendredi 22 août 2014 à Saint-Martin-d'Heres (Isère). (ROMAIN LAFABREGUE / AFP)

Jean-Luc Mélenchon a quitté vendredi la coprésidence du Parti de gauche (PG), mais il ne retient pas pour autant ses coups. Lors d'un conférence de presse organisée samedi 23 août à Grenoble (Isère), il a déclaré que François Hollande était "pire" que son prédécesseur Nicolas Sarkozy, et que son gouvernement était en train de "ruiner" la France et "d'étrangler ceux qui ne peuvent pas se défendre".

"Monsieur Hollande, c'est pire que monsieur Sarkozy", a-t-il lancé à la tribune. "Parce que monsieur Sarkozy, c'était la retraite à 62 ans, monsieur Hollande, c'est la retraite à 66 ans. Monsieur Sarkozy et monsieur Fillon ont donné 35 milliards (d'euros) au patronat en deux plans d'austérité. Quand on fait le total des concessions qu'a fait ce gouvernement, c'est 90 milliards", a-t-il développé.

"Que les Français aillent au bout de leur dégoût !"

L'ancien candidat à la présidentielle a affirmé qu'il était hors de question qu'il se "rassemble" avec "des gens qui sont en train de ruiner le pays et d'étrangler ceux qui ne peuvent pas se défendre". Il n'a pas été plus tendre avec les députés frondeurs du PS, qu'il accuse de manquer de courage. "Ils confondent l'Assemblée nationale avec le congrès du PS (...) Je leur dis : 'Assumez ! Pourquoi vous contentez-vous de couiner ? Si vous n'êtes pas d'accord avec le budget, votez contre !'", leur a-t-il intimé.

Appelant de ses voeux un "grand mouvement populaire", il a affirmé qu'il œuvrerait à la construction d'un "collectif avec des gens qui ne travaillent pas ensemble", en faveur de la VIe République. "C'est la règle du jeu qu'il faut changer. Il faut que les Français aillent au bout de leur dégoût, de leur rejet de la caste qui dirige", a estimé Mélenchon. Il s'est notamment dit prêt à travailler avec les écologistes qui partagent son analyse. "Mme Duflot, elle a enlevé la muselière, je la félicite. Il lui a fallu deux ans de plus qu'à nous pour comprendre de quoi il retournait", a-t-il relevé.