Pour Emmanuel Macron, un banquier "est une sorte de prostitué"

Le ministre a livré cette définition inhabituelle de son ancien métier dans une interview au "Wall Street Journal", dimanche.

Le ministre de l\'Economie, Emmanuel Macron, le 17 février 2015 à l\'Assemblée nationale.
Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, le 17 février 2015 à l'Assemblée nationale. ( CHARLES PLATIAU / REUTERS)

"On est une sorte de prostitué. Le boulot, c'est de séduire." Venant de la bouche d'un ministre, cette phrase a de quoi surprendre. Emmanuel Macron a qualifié de la sorte la profession qu'il a exercée durant quatre ans, dans une interview au Wall Street Journal (en anglais), dimanche 8 mars. Le quotidien américain réalise un long portrait du ministre de l'Economie, au cours duquel ce dernier affirme notamment que la loi sur la croissance, qui porte son nom, ne va pas assez loin : "Il faut davantage chercher la confrontation", assure-t-il.

Opération séduction avant la "loi Macron"

Séducteur, Emmanuel Macron ? Dans sa vie privée, tout laisse à croire que non. En couple avec une femme de 20 ans son aînée, il refuse de livrer le moindre détail à son sujet. En politique, en revanche, l'homme sait user de tous ses talents pour parvenir à ses fins. "Séducteur, très séducteur, malin... Très malin", dit de lui un président de commission, cité par Le Lab.

Peu expérimenté comme homme politique, il a récemment mené plusieurs "opérations séduction" sur la scène européenne ou en France, notamment avant le vote de la loi Macron. Le Wall Street Journal raconte également comment le ministre est allé discrètement rassurer les investisseurs en Grande-Bretagne, après les déclarations fracassantes de François Hollande sur la finance "sans visage" et "sans nom", pendant sa campagne présidentielle.