Assemblée nationale : "Je redoute l'utilisation abusive de certains pouvoirs", réagit l'ex-député Gilles Carrez après l'élection d'Éric Coquerel

"Je ne me souviens pas qu'il ait voté pour quoi que ce soit, il était contre tout", déclare sur franceinfo l'ancien député Les Républicains à propos d'Éric Coquerel.

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Radio France
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Eric Coquerel, député La France Insoumise (LFI),  à l'Assemblée nationale à Paris, le 21 juin 2022. (JULIEN DE ROSA / AFP)

"Je redoute l'utilisation abusive de certains pouvoirs", réagit jeudi 30 juin sur franceinfo Gilles Carrez, ancien député LR du Val-de-Marne et ancien président de la commission des Finances (2012-2017). Le député Nupes-La France insoumise de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel a été élu président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

Gilles Carrez est "scandalisé que les députés de la majorité macroniste n'aient pas participé au vote" car ils auraient pu voter pour la candidate LR Véronique Louwagie. "Une fois de plus, Emmanuel Macron joue les extrêmes", s'indigne-t-il.

franceinfo : Est-ce que l'élection à ce poste d'un député de la France insoumise vous inquiète ?

Gilles Carrez : Oui, elle m'inquiète parce que j'ai observé Éric Coquerel lors de la dernière législature. Il appartenait à la commission des Finances. J'ai eu le sentiment qu'il était avant tout dans l'idéologie. Je ne me souviens pas qu'il ait voté pour quoi que ce soit, il était contre tout. Puis, je me souviens surtout d'idées un peu simples du type : "Il n'y a qu'à faire payer les riches, les grandes entreprises, l'adversaire c'est l'entreprise". Or, pour moi, un bon président de la commission des Finances, outre la compétence, doit avoir le sens de l'intérêt général et il doit surtout avoir le souci de faire travailler cette commission – très importante – de façon constructive. Parce qu'il n'y a pas que le vote des lois de finances, il y a aussi en permanence l'évaluation, le contrôle de la manière dont est utilisé l'argent public.Ceci exige d'être le plus objectif possible.

En quoi ce poste est-il stratégique ? Qu'est-ce que vous redoutez le plus avec à sa tête aujourd'hui Éric Coquerel ?

Je redoute l'utilisation abusive de certains pouvoirs. Il y en a un en particulier qui consiste à pouvoir se faire communiquer l'ensemble des dossiers fiscaux des particuliers ou des entreprises. Comme les fonctionnaires des impôts, vous êtes tenus au secret fiscal, vous ne devez en parler à qui que ce soit ou divulguer quoi que ce soit. Donc, il faut avoir un grand esprit de responsabilité. Tous les présidents et rapporteurs généraux que j'ai connu ont eu cet esprit de responsabilité. Je ne veux surtout pas faire de procès d'intention à Éric Coquerel mais j'ai entendu certaines de ses déclarations dans les médias, laissant entendre qu'il trouvait tout à fait normal qu'on mette sur la place publique tel ou tel dossier fiscal de grandes entreprises.

Le président des Républicains Christian Jacob, s'en est pris à Emmanuel Macron, à son groupe parlementaire qui, dit-il, en refusant de choisir pour cette présidence "fait une fois de plus le choix des extrêmes". A-t-il raison ?

Il a raison à 100%. J'avoue que j'ai été surpris. Je suis même scandalisé que la majorité macroniste n'ait pas participé au vote. Ce n'est pas l'usage. Le règlement de l'Assemblée ne dit que deux choses. Premièrement, il faut appartenir à un groupe. Donc ça exclut les députés non-inscrits. Deuxièmement, ce groupe doit s’être déclaré d'opposition. On [le parti LR] avait une candidate, Véronique Louwagie, et rien ne s'opposait, absolument rien, à ce que la majorité vote pour elle.

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