VIDEO. On vous explique pourquoi le dossier Notre-Dame-des-Landes est un vrai bourbier

Le projet d’aéroport, lancé en 1963, n’a toujours pas vu le jour. Entre les opposants de la première heure et l'opinion publique de la région, favorable à la construction, l'exécutif est coincé. Il doit pourtant prendre une décision au plus tard fin janvier.

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Benoît JourdainFrance Télévisions

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Quand seront donnés les premiers coups de pioche à Notre-Dame-des-Landes ? La question ne cesse de se poser depuis plus de cinquante ans. Vendredi 12 janvier, le Premier ministre, Edouard Philippe, doit en terminer avec les concertations qui permettront théoriquement à l'exécutif de trancher sur l'avenir de ce projet d'aéroport controversé. Franceinfo vous explique en images pourquoi la décision de le construire, ou de mettre fin au chantier, est si difficile à prendre.

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Un référendum pour, des opposants déterminés

La question se pose depuis 1963, date à laquelle la commune située en plein bocage nantais est choisie pour accueillir le nouvel aéroport. A l'époque, l'Etat veut développer les grandes agglomérations de province. Après le premier choc pétrolier en 1973, le projet est mis entre parenthèses. Il ressort des tiroirs en 1999 sous l'impulsion de Dominique Voynet, ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement du gouvernement Lionel Jospin.

En 2008, le projet est reconnu d'utilité publique. Très vite, l'opposition se mobilise et la ZAD ("Zone d'aménagement différé"), l'emplacement prévu pour la construction, devient la "Zone à défendre". Les "zadistes" commencent à l'occuper pour empêcher le début des travaux. Ils dénoncent un projet trop coûteux, inutile, car existe déjà l'aéroport Nantes Atlantique, et destructeur de l'environnement. Malgré leur recours en justice, ils n'ont jamais réussi à enrayer le projet. L'Etat, lui, n'a jamais réussi à les expulser. 

Le 26 juin 2016, le référendum local est un nouveau tournant. A la question "Etes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes ?", le "oui" l'emporte avec 55,17% des voix. Pour les partisans du projet, c'est une victoire. Pour eux, ce nouvel aéroport serait synonyme de désengorgement de Nantes Atlantique, de diminution des nuisances sonores pour les riverains et de coup de pouce pour l'économie de la région.

Décision définitive au plus tard fin janvier 2018

Lors de sa campagne électorale, le candidat Emmanuel Macron a promis d'apporter une réponse dans ce dossier. Aidé par le rapport rendu mi-décembre par trois médiateurs, le président de la République et le gouvernement doivent désormais trancher. Le délai que le chef de l'Etat avait fixé après son élection, à savoir six mois, arrive à son terme à la fin du mois de janvier.

S'il met fin au projet, on les accusera d'avoir capitulé face aux opposants et à la centaine de "zadistes" qui occupent encore les terres dédiées à l'aéroport. En cas d'abandon, l'Etat devra aussi payer des pénalités de plusieurs centaines de millions d'euros à Vinci, en charge du projet. En revanche, une validation du projet pourrait créer des secousses au gouvernement puisque Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, y est farouchement opposé. Comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron est dans une impasse dont la sortie va forcément faire des mécontents.

Le gouvernement doit prendre une décision définitive concernant l\'aéroport de Notre-Dame-des-Landes fin janvier 2018.
Le gouvernement doit prendre une décision définitive concernant l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes fin janvier 2018. (BAPTISTE BOYER / FRANCEINFO)