Notre-Dame-des-Landes : un homme amputé de la main droite après avoir ramassé une grenade lors de heurts avec des gendarmes

L'incident s'est déroulé pendant des heurts avec les gendarmes.

Les fourgons de CRS déployés sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le 18 mai.
Les fourgons de CRS déployés sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le 18 mai. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Un homme a été blessé grièvement en ramassant une grenade dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), a indiqué la procureure de la République de Saint-Nazaire, Sylvie Canovas, mardi 22 mai. L'incident s'est déroulé vers midi au cours de heurts avec des gendarmes, en marge des travaux de déblaiement de squats détruits. 

Selon les premiers éléments de l'enquête, une cinquantaine d'opposants s'en sont pris aux gendarmes mobiles qui sécurisaient ces travaux, lançant de pierres et des cocktails molotovs, indiquent des sources poches du dossier à franceinfo. Pour "défendre leur intégrité physique" et disperser les opposants, les gendarmes mobiles ont utilisé des grenades lacrymogènes de type F4, "une munition à triple effet lacrymogène, sonore et de souffle", a précisé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

Son pronostic vital n'est pas engagé

"Selon les premiers éléments, un des opposants aurait tenté de ramasser une grenade tombée au sol en vue de la relancer sur les gendarmes. C'est alors que cette grenade a explosé, blessant gravement à la main un individu âgé d'une vingtaine d'années", indique le communiqué du ministère de l'Intérieur qui précise que le blessé "a été immédiatement secouru par les gendarmes mobiles" et évacué vers le CHU de Nantes.

"Au regard des blessures occasionnées, il a été amputé de la main droite et demeure hospitalisé. Ses jours ne sont pas en danger", écrit le procureur de la cour d’appel de Rennes. Selon des sources proches du dossier citées par l'AFP, le blessé a également été touché à l'abdomen. Deux opposants ont été interpellés.

Le procureur de la République de Saint-Nazaire a ouvert une enquête de flagrance confiée à la section de recherches d’Angers. De son côté, l’inspection générale de la gendarmerie nationale a été saisie afin de préciser les circonstances exactes dans lesquelles les militaires de la gendarmerie nationale sont intervenus.

Les zadistes contredisent la version des autorités

Dans un communiqué, les occupants de la Zad rapportent que le jeune homme "ramassait des affaires alors qu'une trentaine de personnes criaient leur dégoût aux gendarmes". Selon eux, "il ne se passait rien de significatif à cet instant", "bien que quelques cailloux aient pu être lancés auparavant".

Ils affirment que, soudainement, "une pluie de grenades s'est abattue sur le groupe qui s'est enfui en courant". Et d'insister : "Il n'est pas possible que la personne ait ramassé une grenade alors qu'elle courait dos aux gendarmes". Daprès eux, "il est bien plus probable que la grenade se soit coincée dans ses vêtements ou qu'il soit tombé dessus".