Notre-Dame-des-Landes : "Si le processus démocratique avait bien fonctionné, on n'en serait pas là", selon les médiateurs

Gérard Feldzer, Michel Badré et Anne Boquet, les trois médiateurs ayant remis un rapport au Premier ministre sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), se sont exprimés mercredi sur franceinfo.

Le Premier ministre Edouard Philippe a reçu mercredi 13 décembre le rapport de la mission de médiation relative au projet d\'aéroport de Notre-Dames-des-Landes par Michel Badré (G), Anne Boquet (C), et Gérard Feldzer (D).
Le Premier ministre Edouard Philippe a reçu mercredi 13 décembre le rapport de la mission de médiation relative au projet d'aéroport de Notre-Dames-des-Landes par Michel Badré (G), Anne Boquet (C), et Gérard Feldzer (D). (MAXPPP)
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Après la remise de leur rapport sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), mercredi 13 décembre, au Premier ministre Edouard Philippe, les trois médiateurs ont pris la parole sur franceinfo. Au terme de six mois de médiation, ils ont "retenu deux propositions". Il s'agit de "la construction d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes avec deux pistes ainsi que le réaménagement de l'aéroport de Loire-Atlantique", a indiqué la préfète Anne Boquet. Toutefois cette dernière n'a pas hésité à lâcher que "si le processus démocratique avait bien fonctionné depuis l'origine de ce dossier, on n'en serait pas là aujourd'hui".

Les médiateurs ont écouté 300 personnes, en prenant en "compte tous les arguments. C'est un bon début de démocratie", a estimé Gérard Feldzer. "Cela ne peut plus durer, les gens sont exaspérés, il faut leur donner une réponse. Notre rapport n'a pas vocation à tendre vers une solution ou une autre. On met les avantages et les inconvénients sur la table. On a fait des enquêtes comme on n'en a jamais fait auparavant, avec des expertises extérieures. Il faut être optimistes pour en finir une fois pour toutes et en sortir par le haut", a ajouté l'ancien pilote de ligne, proche du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot.

Personne ne peut accepter une zone de non-droit, nulle part sur le territoire national

Anne Boquet
une des trois médiateurs

à franceinfo

Aucune option n'est parfaite, selon le rapport. "Pour Nantes-Atlantique, le handicap c'est le bruit. Pour Notre-Dame-des-Landes, le handicap, c'est l'étalement urbain que provoquerait la construction de cet aéroport", a souligné Michel Badré, ingénieur, membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Pas une option meilleure que l'autre

Le coût écologique de chaque projet a été étudié. Selon l'expertise réalisée par la société Carbone 4, "ce n'est pas un critère déterminant entre les deux options. Il n'y a pas de grosse différence de ce point de vue", a indiqué Michel Badré, qui pointe une conclusion "intéressante" : une partie importante des émissions viennent des déplacements entre le domicile des voyageurs et l'aéroport. Cela confirme, dit-il, que "réaliser une desserte ferroviaire dans chacun des cas est un choix intelligent".

Pour autant, "ce n'est pas cela qui conduit à dire qu'une option est meilleure que l'autre", a prévenu Michel Badré. Il précise que concernant Notre-Dame-des-Landes "respecter les prescriptions posées" en matière environnementale est "un sujet qui pourrait être complexe". En cas de réaménagement de Nantes-Atlantique, une expertise du Muséum assure qu'il n'y a pas d'inquiétude à avoir sur un impact sur le lac de Grand-Lieu.

Le coût de chaque option a également été passé au crible, grâce à une évaluation qui tient "aussi compte des dessertes en taxis, par transports collectifs". Selon Anne Boquet, cela conduit à "un écart de prix de l'ordre 300 millions d'euros, qui joue plutôt en faveur du réaménagement de Nantes-Atlantique".

"Pour Nantes-Atlantique, le handicap c'est le bruit. Pour Notre-Dame-des-Landes, le handicap, c'est l'étalement urbain que provoquerait la construction de cet aéroport", a souligné Michel Badré
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