Notre-Dame-des-Landes : Jean-Marc Ayrault dénonce "un déni de démocratie"

L'ancien Premier ministre et ex-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault, a regretté, mercredi, la décision d'abandonner le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) prise par le gouvernement d'Edouard Philippe.

L\'ancien Premier ministre et ancien maire de Nantes (Loire-Atlantique), Jean-Marc Ayrault, le 10 mai 2017, à Paris.
L'ancien Premier ministre et ancien maire de Nantes (Loire-Atlantique), Jean-Marc Ayrault, le 10 mai 2017, à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
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"Je prends acte de la décision du gouvernement et surtout je la regrette", a expliqué Jean-Marc Ayrault, mercredi 17 janvier sur France Bleu Loire Océan, à la suite de l'annonce d'Edouard Philippe concernant l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Cette décision qui ne satisfait pas l'ancien Premier ministre et ancien maire de Nantes qui parle de "déni de démocratie par rapport à l'Etat de droit, aux recours, au référendum".

France Bleu Loire Océan : Comment accueillez-vous cette décision du gouvernement ?

Jean-Marc Ayrault : Je prends acte de la décision du gouvernement et surtout je la regrette. C'est d'abord un déni de démocratie par rapport à l'État de droit, aux recours, au référendum et puis c'est aussi un mauvais coup pour Nantes, pour le développement du Grand Ouest. C'est une faille dans la relation de confiance entre le gouvernement et notre région. C'est un précédent. Dégager la route, ça c'est facile. Mais ne pas évacuer la ZAD, c'est la victoire des zadistes et ça fera jurisprudence. Il y aura donc des suites et des conséquences. En fait, c'est une non-décision puisque les problèmes de trafic aérien, de survol, de desserte du Grand Ouest et de sa relation avec le reste de l'Europe restent entiers. C'est un mauvais coup, mais il faut aussi se projeter dans l'avenir, continuer à nous battre pour le Grand Ouest, pour Nantes, pour leur développement et puis compter sur nos propres forces.

Vous aviez porté ce projet. Est-ce que vous le prenez aussi comme un échec personnel ?

Non, ça n'a jamais été une affaire personnelle. Je me suis toujours battu pour le développement de la métropole nantaise, son attractivité, donc ça reste un sujet d'actualité. Cette bataille continue, ça reste pertinent. Le gouvernement a fait un non-choix parce que les problèmes qui sont là demeurent sans solution. C'est tellement plus facile de ne pas faire que de faire.

Vous en voulez à Emmanuel Macron et Edouard Philippe ?

Je n'en veux à personne. Il faut simplement s'inscrire dans une cohérence politique. Aucun geste constructif n'est fait pour Nantes, pour le développement de l'Ouest. C'est comme ça que ce sera perçu. C'est dommage, c'est regrettable. Il va falloir continuer à se battre pour l'avenir de cette région car on a beaucoup d'atouts, et il ne faut pas les laisser pourrir. Il faut les mobiliser encore plus pour l'avenir de tout un territoire.

La maire de Nantes, Johanna Rolland, parle elle aussi d'un "déni de démocratie".

J'ai écouté sa déclaration, elle était très forte. Je pense qu'elle est à la mesure de cette déception. C'est pour ça que ce n'était pas la peine d'en faire tant, de faire croire qu'il y avait un débat, une concertation. Certains seront vite tentés de dire que c'était une belle opération de communication et d'enfumage qui se termine comme elle se termine. Ce qu'il y avait à craindre devient malheureusement la réalité.