Notre-Dame-Des-Landes : "Cette opération est devenue un bourbier"

Après la grave blessure d'un occupant de Notre-Dame-des-Landes qui a tenté de ramasser une grenade lacrymogène lancée par les forces de l'ordre, le porte-parole d'Europe Écologie Les Verts Julien Bayou a appelé à l'interdiction pure et simple des grenades dans l'équipement des gendarmes.

Notre-Dame-des-Landes, le 15 avril 2015.
Notre-Dame-des-Landes, le 15 avril 2015. (DAMIEN MEYER / AFP)

"Tous les jours on prend le risque d'un blessé grave ou d'un mort" , des deux côtés, à cause de l'utilisation des grenades "qui sont souvent renvoyées aux gendarmes", par les manifestants estime Julien Bayou. Le porte-parole d'Europe Écologie Les Verts a appelé mardi 22 mai sur franceinfo à l'interdiction pure et simple des grenades dans l'équipement des gendarmes.

franceinfo : Pourquoi voulez-vous l'interdiction des grenades ?

Julien Bayou : Il y a déjà eu un mort avec Rémi Fraisse [victime d'une grenade offensive qui s'était logée entre son dos et son sac en octobre 2014 à Sivens], et là on parle de plusieurs dizaines de milliers de grenades [lacrymogènes] qui ont été déversées depuis le mois d'avril à Notre-Dame-des-Landes. Cette opération est devenue un bourbier, il y a eu des centaines de blessés côté zadiste, et une bonne centaine côté gendarmes. C'est quoi l'objectif ? Tout ça pour quelques cabanes ? Est-ce qu'on mesure la débilité sans nom de la situation ?

L'évacuation de Notre-Dame-des-Landes est devenue impossible selon vous ?

Tous les jours, on court aussi le risque d'un blessé grave ou d'un mort. Et puisque ces grenades sont renvoyées aux gendarmes, on court le risque d'un mort chez les gendarmes. C'est idiot ! Je condamne les violences à l'égard des gendarmes et dans l'autre sens. On envoie les gendarmes au casse-pipe. Ils ne sont pas équipés pour patauger dans le bocage, ce sont des missions humiliantes. La sécurité de l'État n'est pas en jeu dans l'occupation de Notre-Dame-des-Landes : on parle de cabanes ! Qu'est-ce qu'on s'en moque, que des gens veulent élever des brebis, faire une bibliothèque, une forge, etc. Laissons-les faire ! Il faut maintenant en sortir par le haut, comme ça s'est fait au Larzac.

Comment justement s'en sortir ?

Le fait que Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, et non son collègue de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, gère la situation, est un problème : parce qu'il y a ces évacuations, ça renforce les manifestants qui disent : 'il faut se battre'. On se retrouve avec des 'cow-boys' qui ne font qu'alimenter la violence. Apaiser la situation désarmera littéralement les plus violents qui laisseront les terres à ceux qui veulent les cultiver.