Notre-Dame-des-Landes : un agent de sécurité blessé par des opposants

Le vigile, qui surveillait une maison pour empêcher qu'elle soit occupée par des opposants au projet, a été pris à partie. Les inconnus ont mis le feu à sa voiture.

Un opposant à la création de l\'aéroport Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) participe à une manifestation, le 10 novembre 2012.
Un opposant à la création de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) participe à une manifestation, le 10 novembre 2012. (MAXPPP)

SOCIETE – Le mouvement des opposants au projet d'aéroport Nantes-Notre-Dame-des-Landes se radicalise. Un agent de sécurité, chargé de surveiller une maison acquise par le conseil général de Loire-Atlantique à Fay-de-Bretagne (Loire-Atlantique), a été blessé dans la nuit de lundi 12 à mardi 13 novembre par une vingtaine d'inconnus, a indiqué mardi la préfecture. Une enquête de gendarmerie a été lancée. Francetv info revient sur cette agression, qui a eu lieu alors que forces de l'ordre et militants s'affrontent violemment depuis la mi-octobre sur le site prévu pour la construction de l'infrastructure.

Que s'est-il passé ?

L'agent de sécurité surveillait une maison afin d'éviter qu'elle soit occupée par les opposants au projet réunis sur le terrain. Installé dans sa voiture, il a été pris à partie à 2h45 par "une vingtaine d'individus cagoulés et armés de gourdins", a rapporté le sous-préfet Mikaël Doré. Ils étaient aussi armés de "barres de fer", a précisé la préfecture de Loire-Atlantique. Selon les explications de la victime, les agresseurs, dont certains parlaient français et d'autres anglais, ont hésité à le laisser dans le véhicule avant d'y mettre le feu à l'aide d'un liquide inflammable. Ils ont finalement extrait le vigile de la voiture avant de le rouer de coups, "au niveau des membres, des mains et des épaules", d'après la préfecture.

Le vigile a fini par s'enfuir pieds nus et appeler les secours, toujours selon la préfecture. Il a ensuite été transféré au CHU de Nantes où il a été soigné pour des blessures aux mains et aux avant-bras. Une semaine d'incapacité totale de travail (ITT) lui a été prescrite. 

D'autres agressions passées sous silence ?

En apprenant l'agression de l'agent de sécurité, un fonctionnaire, resté anonyme, s'est confié au quotidien régional Presse Océan. Il affirme que "ce n'est pas la première agression" d'une personne qui n'appartient pas aux forces de l'ordre.

"Il y a quinze jours encore, un employé de Vinci a été agressé sur le secteur lui aussi. Certes, il n'a pas été blessé aussi grièvement. Mais toutes les personnes qui sont amenées à se rendre sur la zone, qu'elles soient géomètres, biologistes ou archéologues, dans le cadre des opérations préparatoires à la construction du futur aéroport, demandent à être escortées par des gendarmes, sous peine de faire valoir leur droit de retrait", explique-t-il.

Selon la préfecture, depuis début octobre, démarrage des opérations d'évacuation des squats occupés par les opposants à la construction de l'aéroport, 25 personnes ont été blessées "parmi les forces de l'ordre".

Les travaux du nouvel aéroport doivent commencer début 2013 et s'achever en 2017 pour remplacer l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique.