Mort de Valéry Giscard d'Estaing : la presse salue le "destin" du "Kennedy français"

Les quotidiens nationaux et régionaux affichent en une la mort de l'ancien président de la République, dépeint comme un réformateur à la fois moderne et conservateur, parfois incompris.

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France Télévisions
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Capture d'écran des unes du "Parisien" et de "La Voix du Nord", après la mort de Valéry Giscard d'Estaing, le 3 décembre 2020. (LE PARISIEN / LA VOIX DU NORD)

"Valéry Giscard d'Estaing est mort" : les photos de l'ancien président de la République barrent, jeudi 3 décembre, les unes des journaux, qui saluent son "destin" français et européen, après sa mort, mercredi soir.

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Un "destin" titre "Le Parisien"

"Au regard de certains de ses successeurs, son bilan ne manque pas d'allure. L'histoire n'a pas encore rendu justice à ce président incompris", commente Jean-Michel Salvator dans Le Parisien. "Un peu oublié" des Français, VGE qui certes a quitté le pouvoir "il y a presque quarante ans", aura été "l'artisan d'une modernisation du pays dont il ne sera jamais crédité", estime-t-il.

"L'Européen" pour "Le Figaro"

De son côté, Le Figaro (article pour abonnés) tient à rendre hommage aux "avancées considérables pour l’Europe", rendues possibles grâce à Valéry Giscard d’Estaing. "1926-2020 Valéry Giscard d'Estaing l'Européen", titre d'ailleurs le quotidien en une. "Partisan des 'Etats-Unis d’Europe', l’ancien président de la République consacre une grande partie de sa vie à l’Union européenne. Il s’imagine même à sa tête", écrit Béatrice Houchard, qui souligne que l'Europe fut pour lui "un sujet de satisfaction intense".

Le "Kennedy français" pour les "DNA"

Pour Didier Rose, des Dernières Nouvelles d'Alsace, le "Kennedy français" a également été "le produit d'une France élitiste et d'héritage. Et en même temps (...) d'une modernité à donner le tournis au pays". Mais le plus jeune président de son temps, qui a "réécrit l'histoire sociale de la France, quand bien même cela lui a été néfaste", avait "deux versants", insiste-t-il.

"L'ancien et le moderne, une fascination des sommets et une attention au quotidien le plus modeste, dans la cordialité ou parfois dans la rancœur, avaient un point de jonction : l'Etat, qu'il a servi avec style. Dans une Europe qu'il a rêvée", conclue-t-il.

"Un septennat et au revoir", résume "Libération"

Si les images de ses adieux télévisés "font aujourd'hui sourire", elles "symbolisent si bien la faille giscardienne : cette incompréhension qui finalement définit le mieux le rapport qu'il a entretenu avec les Français", juge Paul Quinio dans Libération. Mais il "n'aura pas tenu la distance de son propre septennat, relégué par le Giscard conservateur, le vrai, plus sincère en tout cas", pense l'éditorialiste de Libération qui avait bouclé l'impression du journal avant l'annonce de sa mort, et titre donc sur le site internet du journal "Un septennat et au revoir".

"Ce Giscard-là, pétri de certitudes économiques libérales, a été englouti par la vague du chômage de masse consécutive au premier choc pétrolier. Emporté, balayé, au point de laisser la place libre en 1981... à la gauche !", analyse l'éditorialiste. Pour Paul Quinio, c'est là le véritable héritage de Giscard : "Avoir été le président qui aura permis l'alternance." "Aujourd'hui entrée dans les mœurs. Elle fut, en 1981, un événement historique".

"Au revoir président" écrit "La Voix du Nord"

Le quotidien revient sur la fameuse scène des adieux de "VGE", "image grandiloquente neuf jours après sa défaite face à François Mitterrand en mai 1981". "Dans cette pièce totalement vide de l’Elysée, à l’exception d’un ridicule pot de fleurs, Valéry Giscard d’Estaing se lève et sort lentement du champ de la caméra alors que La Marseillaise retentit sur une chaise et une table vides", décrit Olivier Berger dans La Voix du Nord.

"Cet au revoir est en réalité un adieu pour un homme brillant, ministre des Finances à 36 ans et président de la République à 48, qui voulait réunir deux Français sur trois mais ne se remettra jamais de la chute. Jusqu’à sa mort, ce mercredi 2 décembre, à 94 ans", analyse le quotidien nordiste.

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