Déclaration de patrimoine : "C'est très chiant et très con", selon un député

Les parlementaires ont jusqu'à samedi pour remplir leur déclaration de patrimoine. Certains le font à reculons.

Le député UDI Jean-Christophe Lagarde lors de la séance de questions au gouvernement, le 28 janvier 2014 à l\'Assemblée nationale.
Le député UDI Jean-Christophe Lagarde lors de la séance de questions au gouvernement, le 28 janvier 2014 à l'Assemblée nationale. (MAXPPP)

C'est la loi : les députés ont jusqu'au samedi 1er février pour remplir leur déclaration de patrimoine. Mais cette démarche de transparence n'enthousiasme pas tous les parlementaires. "C'est très chiant et très con", a lâché Jean-Christophe Lagarde, porte-parole des députés de l'UDI, disant y avoir passé "une partie de son week-end". "Il a fallu que je déclare un livret A à 15 euros que j'ai ouvert pour ma petite fille il y a six mois. C'est un prétexte démagogique. Rien de cela n'aurait empêché M. Cahuzac de planquer son argent en Suisse."

L'élu n'était toutefois pas obligé de se donner tant de mal. Conformément à la loi votée après l'affaire Cahuzac, les parlementaires ne doivent en effet déclarer que leurs biens mobiliers dont la valeur dépasse 10 000 euros. Les membres de cabinets ministériels et collaborateurs du président de la République, ainsi que des présidents de l'Assemblée et du Sénat sont également concernés.

 "Voyeurisme" ou "arme dissuasive" ?

"On entre dans le voyeurisme. On entend les socialistes appeler au respect de la vie privée, là il faut mettre en pâture le patrimoine des élus. Mais la loi s'applique, et, comme tout le monde, j'ai fait ma déclaration", a de son côté déclaré le chef de file du groupe UMP, Christian Jacob.

A l'inverse, les députés de la majorité relativisent cette contrainte. "C'est comme la déclaration de revenus, on la fait au dernier moment", a résumé à l'AFP un député radical. "Je ne l'ai pas encore bouclée", a reconnu le coprésident du groupe écologiste François de Rugy, qui avait publié la sienne en 2013 et qui a assuré "prendre cette question très au sérieux".

"Cette transparence, c'est quelque chose que l'on doit à nos concitoyens, c'est une vraie arme dissuasive, préventive contre l'enrichissement personnel", a encore estimé le député de Loire-Atlantique.