"I'm clean" : face aux députés européens, Sylvie Goulard demande le "respect de la présomption d'innocence"

Les eurodéputés qui l'ont auditionnée mercredi à Bruxelles, afin de valider ou non sa nomination à la Commission européenne, ne l'ont pas ménagée sur les enquêtes dont elle fait l'objet pour des soupçons d'emploi fictif.

Sylvie Goulard, candidate française à la Commission européenne, lors de son audition le 2 octobre 2019 à Bruxelles.
Sylvie Goulard, candidate française à la Commission européenne, lors de son audition le 2 octobre 2019 à Bruxelles. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

La candidate française à la Commission européenne, Sylvie Goulard, a demandé, mercredi 2 octobre, le "respect de la présomption d'innocence" aux eurodéputés qui l'ont auditionnée à Bruxelles afin de valider ou non sa nomination. "I'm clean" ("Je suis propre"), a lancé en anglais Sylvie Goulard, interrogée au Parlement européen. "Je ne suis pas mise en examen", mais "je respecterai, si elle advient, la décision de justice", a-t-elle déclaré.

Députée européenne de 2009 à 2017, la Française a été interrogée à plusieurs reprises sur les deux enquêtes dont elle fait l'objet : l'une de la justice française, l'autre de l'Office européen de lutte antifraude (Olaf), dans l'affaire des emplois présumés fictifs des assistants des eurodéputés MoDem. Ce dossier l'avait conduite à quitter son poste de ministre des Armées en juin 2017, un mois seulement après sa nomination.

Pas de "mépris pour les fonctions européennes"

Plusieurs députés ont soulevé les "questions éthiques" posées par le fait que Sylvie Goulard fasse l'objet de deux enquêtes. "Comment comprendre que cela ne vous empêche pas d'exercer la fonction de commissaire ?", a lancé François-Xavier Bellamy, eurodéputé français de droite. D'autres députés ont aussi dit "ne pas comprendre" comment elle pouvait prétendre être commissaire alors qu'elle a démissionné pour les mêmes raisons de son poste de ministre des Armées.

"Un usage existe en France, depuis les années 90, selon lequel tout ministre, à partir du moment où il serait mis en examen, devrait démissionner", a-t-elle expliqué, ajoutant que "dans les institutions européennes, un tel usage n'existe pas". "Je n'ai pas été mise en examen, mais j'ai estimé alors pour une raison, avoir la responsabilité des armées françaises (...), que je ne pouvais pas faire courir ce risque", a-t-elle poursuivi. "Ce n'est pas que j'aurais du mépris pour les fonctions européennes", mais "la gravité de l'engagement de la vie humaine est un petit peu d'une autre nature".

La Française a déjà remboursé 45 000 euros au Parlement européen, correspondant à huit mois de salaire d'un de ses assistants, pour lequel elle n'a pas pu fournir "de preuve de travail". "Un aveu", selon ses détracteurs. "Je n'ai rien reconnu" avec ce remboursement, a-t-elle toutefois répondu mercredi.