Commission européenne : Sylvie Goulard recalée, un camouflet pour Emmanuel Macron ?

La candidate française à la Commission européenne, Sylvie Goulard, a vu les eurodéputés recaler sa nomination par un large vote contre elle, jeudi 10 octobre, au terme d'une journée d'audition.

Au terme d'une journée d'audition, les eurodéputés ont décidé de ne pas valider la nomination de Sylvie Goulard comme commissaire européenne de la France. Un vote à 82 voix contre 29, jeudi 10 octobre, intervenu après des questions portant notamment sur l'affaire des soupçons d'emplois fictifs au Modem dans laquelle elle est impliquée, et sur ses activités rémunérées 10 000 euros par mois au sein d'une entreprise américaine alors qu'elle était encore eurodéputée.

Toujours sous le coup d'une enquête pour emplois fictifs

La décision des députés est un camouflet sévère. L'eurodéputé écologiste Damien Carême a ainsi demandé pourquoi elle avait démissionné de son poste de ministre de la Défense lorsque l'affaire des soupçons d'emplois fictifs a éclaté, tandis qu'elle sollicite un poste à la Commission européenne "alors que la situation judiciaire est bien la même". "Je vous demande simplement de prendre en compte l'ensemble de mon parcours, avec ce qui peut vous plaire et ce qui peut peut-être déplaire", a répondu Sylvie Goulard. Il s'agit aussi d'un revers pour Emmanuel Macron, qui avait pris le risque de la proposer en dépit des affaires, croyant avoir reçu les assurances nécessaires de la part de la présidente de la Commission européenne. Le chef de l'État a indiqué qu'il voulait "comprendre". Un autre nom doit être présenté par la France pour une prise de fonction le 1er novembre.

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Sylvie Goulard lors de sa seconde audition par les eurodéputés, le 10 octobre 2019 à Bruxelles (Belgique)
Sylvie Goulard lors de sa seconde audition par les eurodéputés, le 10 octobre 2019 à Bruxelles (Belgique) (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)