Merkel, Cameron, Berlusconi, tous supporters de Sarkozy

Ces trois responsables politiques ont exprimé leur soutien au candidat à la présidentielle. Mais ils ne l'ont pas fait de la même manière, dans les mêmes conditions et avec la même intensité.

Le président français Nicolas Sarkozy (C) s\'entretient avec le Premier ministre britannique David Cameron (G) et la chancelière allemande Angela Merkel (D), le 25 mars 2011 au Conseil européen à Bruxelles (Belgique).
Le président français Nicolas Sarkozy (C) s'entretient avec le Premier ministre britannique David Cameron (G) et la chancelière allemande Angela Merkel (D), le 25 mars 2011 au Conseil européen à Bruxelles (Belgique). (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Ils ne pourront pas voter pour lui mais le soutiennent quand même. Alors que la campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle est officiellement lancée depuis l'annonce de sa candidature mercredi 15 février, le président sortant peut déjà compter sur le soutien de certains de ses homologues étrangers, présents ou anciens. FTVi revient sur les "bons vœux" qu'il a déjà reçus.

• Angela Merkel

La phrase : "Je soutiens Nicolas Sarkozy sur tous les plans quoi qu'il fasse", a déclaré la chancelière allemande le 6 février lors d'une conférence de presse à l'Elysée. Selon elle, il est "normal de soutenir des partis amis". La dirigeante devrait même participer à des meetings électoraux du président français au printemps.

Le contexte : La chancelière a tenu ces propos alors que Nicolas Sarkozy n'avait pas encore annoncé officiellement sa candidature. Les deux dirigeants se sont souvent rencontrés, parfois lors de mini-sommets France-Allemagne. Malgré des divergences et des relations parfois compliquées, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont rapprochés à la faveur de la crise européenne, le couple jouant le rôle de "moteur" franco-allemand de l'Europe. Le duo a même gagné en France le surnom "Merkozy".

La portée : "L’objectif, c’est de renforcer encore l’idée d’un partenariat franco-allemand, d’un axe fort entre la France et l’Allemagne", selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’institut de sondage Ifop. Mais la présence de la chancelière à des meetings en France "relève surtout du symbole, (...) ça ne fera pas l’élection". Pour la petite histoire, "les dirigeants allemands soutiennent systématiquement les exécutifs sortants", selon le blog L'Elysée côté jardin du Monde.fr. En janvier 1995, Helmut Kohl avait ainsi pris parti pour le Premier ministre Edouard Balladur.

• David Cameron

La phrase : Le Premier ministre britannique a souhaité vendredi 17 février "bonne chance" à son "ami" Nicolas Sarkozy "dans la bataille qu'il va livrer", lors d'une visite à Paris.

Francetv info

Le contexte : Cette déclaration est plutôt inattendue car les échanges entre les deux hommes ont été tendus ces derniers mois. "Vous avez manqué une bonne occasion de vous taire !", avait lancé Nicolas Sarkozy à David Cameron lors du sommet européen de Bruxelles sur la crise de la dette, dimanche 23 octobre. Le Premier ministre britannique s'était plaint du nombre croissant de décisions prises par les Etats de la zone euro sans consultation préalable des pays européens n'utilisant pas la monnaie unique. La discussion était alors devenue "orageuse", selon le Premier ministre polonais Donald Tusk qui a assisté à la scène.

La portée : David Cameron a précisé qu'il n'allait pas s'engager dans la campagne du président-candidat français et donc qu'il n'allait pas faire de meetings avec lui. "J'espère que tout se passera bien pour mon ami dans la bataille qui vient", a-t-il simplement lancé vendredi à l'Elysée. Le soutien de David Cameron aura donc moins d'impact que celui d'Angela Merkel, car il risque d'être vite oublié si le Premier ministre ne s'exprime plus sur la question.

• Silvio Berlusconi

La phrase : "Bonne chance, Nicolas !", a déclaré l'ancien chef du gouvernement italien, mercredi, après l'annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy à un nouveau mandat. Le propriétaire de l'AC Milan s'exprimait dans la foulée de la victoire de son club sur Arsenal (4-0) en huitièmes de finale aller de la Ligue des champions.

Le contexte : Le dirigeant de droite a démissionné en novembre de la tête du gouvernement italien après avoir perdu la majorité absolue au Parlement. Il est, depuis, empêtré dans des affaires judiciaires. Le parquet de Milan a notamment réclamé sa condamnation à cinq ans de prison pour corruption de témoin dans un procès. "C'est de la persécution judiciaire, une opération de diffamation illimitée qui a transformé le tribunal de Milan en tribunal spécial pour éliminer Berlusconi de la politique et le détruire en tant que personne humaine", a scandé le "Cavaliere" sur la chaîne de télévision Canale 5, qui fait partie de son empire médiatique, Mediaset.

La portée : C'est sûrement le soutien dont Nicolas Sarkozy se serait le plus volontiers passé, tant la popularité de Silvio Berlusconi est faible en France. Cependant, les encouragements du "Cavaliere" ne devraient guère jouer dans la campagne, si ce n'est sous forme de "piques" que pourraient lancer les adversaires de Nicolas Sarkozy.

NB : Dans une première version de cet article, nous faisions état du soutien de l'actuel président du Conseil italien, Mario Monti, à Nicolas Sarkozy. Or, le compte Twitter sur lequel nous nous appuyions se révèle être un faux compte. A ce jour, Mario Monti n'a donc pas pris position en faveur de la candidature du président français. Toutes nos excuses pour cette erreur.