Jean-Luc Mélenchon en chute libre dans les sondages : près des trois-quarts des Français ont une mauvaise opinion de lui

Pour 73% des Français, le leader de la France insoumise apparait comme "agressif", selon un sondage réalisé par Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et "Le Figaro". Même au sein de son propre camp, il n'est pas toujours considéré comme un atout.

Jean-Luc Mélenchon, le 23 juin 2019, à Paris.
Jean-Luc Mélenchon, le 23 juin 2019, à Paris. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Près des trois-quarts des Français ont une mauvaise opinion de Jean-Luc Mélenchon. C'est ce qui ressort du sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 19 septembre 2019.

La cote de popularité du leader de La France insoumise a chuté de 14 points en deux ans. En septembre 2017, lors de la même enquête, 42% des personnes interrogées avaient une bonne opinion de lui : ils ne sont plus que 28% aujourd'hui.

Un rejet de la part d'une grande partie de l'échiquier politique

Sacralisé par les sympathisants de la France insoumise (95% d'entre eux disent avoir une bonne opinion), Jean-Luc Mélenchon est plus sévèrement jugé par les sympathisants des autres partis politiques, à droite à comme à gauche. Ses plus grands détracteurs sont les sympathisants Les Républicains avec 93% de mauvaises opinions. Ce sentiment est partagé par plus de huit marcheurs sur dix (86%) et sept sympathisants Rassemblement national sur dix (73%). Plus fâcheux pour un dirigeant de gauche, Jean-Luc Mélenchon mécontente six personnes sur dix parmi les proches du Parti Socialiste (60%) et d'Europe Ecologie-Les Verts (58%).

"Compétent", "honnête" et "sympathique" pour les militants LFI

L'enquête a également détaillé l'image de Jean-Luc Mélenchon. Elle en ressort fortement dégradée pour sept Français sur dix. Il est perçu comme "agressif" par 73% des personnes interrogées, "pas sympathique" (72%) et "pas honnête" (71%). Plus des deux-tiers des personnes interrogées le voient comme jouant "trop perso" (66%), "pas proche des gens" (62%) ni même "compétent" (68%).

Seuls les Français se disant proches de la France insoumise trouvent leur leader "compétent" (92%), "honnête" (89%) et "sympathique" (87%). "L'agressivité" de Jean-Luc Mélenchon est réprouvée par neuf sympathisants LREM sur dix (90%) et plus de huit sur dix EELV ou LR (82%).

Selon ce sondage, Jean-Luc Mélenchon représente désormais un handicap plutôt qu'un atout pour la gauche pour les trois-quarts des Français (74%). Et pour les deux-tiers des personnes interrogées (65%), il est également perçu comme un handicap plutôt qu'un atout pour son propre parti.

En moins de trois ans, la part des Français voyant Jean-Luc Mélenchon comme un atout pour la gauche a chuté de 10 points. En novembre 2016, lors de la campagne présidentielle, 35% des personnes interrogées le voyaient comme tel. Pour l'ensemble des Français interrogés, cette perception qu'il est un atout pour La France insoumise a chuté de 17 points, passant de 51% en 2016 à 34% aujourd'hui.

Pour plus de six Français sur dix, le procès de Jean-Luc Mélenchon n'est pas politique

Le patron de La France insoumise et cinq autres prévenus sont jugés depuis jeudi pour "actes d’intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l’autorité publique, rébellion et provocation" lors de la perquisition du siège de La France insoumise en octobre 2018. Pour plus de six Français sur dix (62%), selon ce sondage, ce n'est pas un procès politique.

Jean-Luc Mélenchon a affirmé que la justice n'est pas indépendante du pouvoir et qu'il s'agit d'un "procès politique". À l'exception des sympathisants LFI, les Français interrogés réfutent cette idée. Huit sympathisants LREM sur dix (82%) ne sont pas d'accord avec l'analyse de Jean-Luc Mélenchon. Un désaccord partagé par sept LR sur dix (71%), 56% des proches du PS et de EELV et 55% des sympathisants RN. A l'inverse et sans surprise, ce procès reste politique pour plus de huit sympathisants Insoumis sur dix (84%).  

Cette enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro a été réalisée par internet les 18 et 19 septembre, sur un échantillon de 1 005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.