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Mathilde Lemoine (HSBC) : "La France a la capacité de garder sa note Aaa"

L'agence de notation Moody's a mis les autorités française sous pression, mardi, en plaçant le tripe A du pays sous surveillance. Chef économiste chez HSBC, Mathilde Lemoine répond aux questions de Francetv2012 sur les risques encourus.
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La France sous la menace de Moody's. (AFP - Daniel Roland)

L'agence de notation Moody's a mis les autorités française sous pression, mardi, en plaçant le tripe A du pays sous surveillance. Chef économiste chez HSBC, Mathilde Lemoine répond aux questions de Francetv2012 sur les risques encourus.

Les agence de notation étrangères vont-elles s'inviter dans la campagne présidentielle française ? La question vaut d'être posée après la décision de l'agence américaine Moody's de surveiller le tripe A de la France pendant trois mois pour évaluer la situation économique du pays. Cette note Aaa, qui sanctionne l'attitude des "bons élèves" - États et entreprises - en matière de gestion économique, permet d'emprunter sur les marchés financiers avec de faibles taux d'intérêts. Elle rassure les créanciers qui ont une totale assurance d'être remboursés. En toile de fond de cette polémique naissante, l'UMP a tenu, mardi, une convention express en présence de nombreux ministres, sauf le premier d'entre eux, pour "décortiquer" le programme du PS.

La menace de recul de cette note, qui inquiète les pouvoirs publics, est-elle réelle ? Chef économiste chez HSBC, Mathilde Lemoine, livre son analyse en répondant aux questions du site Présidentielle 2012 de France Télévisions.

Après les États-Unis en août, la France court-elle un risque de voir ce triple A dégradé par les agences de notation ?

Mathilde Lemoine : Les agences de notation ont toujours dit que le gouvernement était à même d'atteindre ses objectifs. La France a la capacité de garder sa note Aaa. L'agence Standard and Poor's dit que si elle la maintient jusqu'en 2016, elle la conservera jusqu'en 2050 !

En revanche, les agences ont toujours souligné la fragilité que constitue une éventuelle crise bancaire liée à un défaut européen. Si la France devait financer une nouvelle crise bancaire, elle serait mise sous surveillance ainsi que son propre système bancaire.

Depuis que les Etats-Unis ont perdu, en août, leur triple A, il y a un fait remarquable. Les taux d'emprunts à dix ans des Etats sont passés de 2,56% à 2,16%.

Quels facteurs nouveaux pourraient expliquer cette dégradation ?

C'est très clair : un défaut partiel de la Grèce qui impliquerait des pertes des institutions financières et bancaires. Elles ne pourraient plus se financer par le marché et elles auraient donc recours à l'Etat.

Si on passait de perspectives stables à perspectives négatives, il faudrait que le gouvernement, effectivement, ne parvienne pas à atteindre ses objectifs de déficit.

De quels moyens disposent les pouvoirs publics pour enrayer un tel scenario ?

L'Etat peut réduire le déficit primaire c'est-à-dire faire en sorte que le montant des dépenses publiques se rapproche du montant des recettes publiques. Et vice versa.

Les pouvoirs publics auraient ainsi les moyens d'intervenir pour aider le secteur financier français, si besoin, sans que cela reporte encore le moment où la dette en poucentage du PIB (produit intérieur brut) se stabilisera.

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