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Martine Aubry récuse les rumeurs visant son mari et d'autres faisant état de son alcoolisme dans un entretien au JDD

Outre la mise au point à laquelle le Journal du Dimanche (JDD) consacre sa Une dimanche, la candidate à la primaire socialiste menace de porter plainte contre les sites Internet qui propagent des rumeurs sur son mari, Jean-Louis Brochen, avocat spécialiste du droit social et du droit pénal.
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Martine Aubry menace de porter plainte contre des sites internet propageant des rumeurs sur elle et son mari. (AFP - Philippe Huguen)

Outre la mise au point à laquelle le Journal du Dimanche (JDD) consacre sa Une dimanche, la candidate à la primaire socialiste menace de porter plainte contre les sites Internet qui propagent des rumeurs sur son mari, Jean-Louis Brochen, avocat spécialiste du droit social et du droit pénal.

Plusieurs ténors du PS lui ont apporté leur soutien dimanche, la majorité dénonçant "une stratégie de victimisation".

Dans les moteurs de recherche, trois suggestions accompagnent le nom de Martine Aubry : l'une concernant son mari, l'autre sa santé et la troisième l'islam. Les qualificatifs "mari" et "voilée" correspondent à des attaques contre l'époux de l'ex-première secrétaire du PS, présenté comme "islamiste" pour avoir défendu 17 jeunes lycéennes voilées de Lille.

Martine Aubry dénonce aussi les rumeurs faisant état de "son alcoolisme présumé, de son homosexualité imaginaire et de sa prétendue tumeur au cerveau".

La candidate socialiste contre-attaque et menace de porter plainte

"On a écrit aux sites pour leur demander de retirer. La plupart retirent au fur et à mesure et ceux qui ne retireront pas, on porte plainte", a-t-elle expliqué vendredi, lors d'un déplacement à Turin.

"Sur mon mari, je sais qui a lancé cette rumeur" et "je l'ai appris avant que ça sorte de deux sources différentes". "Je sais tout, je sais qui les lance", a-t-elle dit à des journalistes. "Comme j'ai des témoignages, je peux porter plainte contre ceux qui ont diffusé les rumeurs", a-t-elle ajouté.

Selon le Journal du dimanche, elle aurait appelé à ce sujet Christian Frémont, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, qui fut préfet dans sa région. Elle aurait aussi contacté Jacques Toubon, ancien ministre chiraquien.

Martine Aubry a également fait allusion à un écho paru dans L'Express après les voeux du président en janvier 2010, relatant des propos que Nicolas Sarkozy aurait alors tenus. "Vous connaissez bien Carla et Nicolas, vous ne connaissez pas Martin et Martine". Or, a-t-elle expliqué, "Martin et Martine, c'est une légende dans le Nord, Martin et Martine sont des géants d'Arras, et Martin est un musulman qui s'appelle Hakim et qui doit se marier avec Martine".

Google se défend

Interrogé sur la possibilité que des failles existent, le géant du web est laconique: "On met tout en oeuvre pour que cela ne se produise pas". "Aucun algorithme n'est parfait", a-t-il toutefois reconnu.

Certains spécialistes expliquent que contourner l'algorithme "est théoriquement faisable, mais (que) cela exige des moyens financiers relativement importants". D'autres expliquent qu'il est facile "de faire mentir Google en créant des "outils automatiques qui vont suggérer des mots-clés à Google" et auxquels le moteur de recherche "ne verra rien du tout".

Reste le phénomène du "buzz" : une fois que la suggestion apparaît dans Google, la curiosité amène les internautes à cliquer puis propager la "pseudo-information" nourrissant ainsi la rumeur.

Les ténors du PS soutiennent Aubry, la majorité parle de "victimisation"
La maire de Lille a reçu dimanche le soutien de plusieurs ténors de son camp, y compris de son principal adversaire à la primaire, François Hollande.

"Ça suffit", a-t-il déclaré à l'encontre de "tous ceux qui entretiennent je ne sais quels rumeurs, manoeuvres, sous-entendus sur les uns, sur les autres". "Ce n'est pas le sens que je veux donner à l'élection présidentielle" qui ne doit pas se dérouler "dans un marécage", a-t-il ajouté.

Pour le député socialiste Pierre Moscovici, "Martine a raison de ne pas se laisser faire !" "Comme elle, je déteste la politique qui salit. La France de 2012 a besoin d'un vrai débat de société et non d'une campagne de caniveau", a-t-il dit au Parisien.

Candidat à la primaire comme elle, Arnaud Montebourg a affirmé sur Europe 1 sa "solidarité totale avec Martine Aubry , qui est une amie, une camarade, même si nous sommes dans la même compétition politique côte à côte". Le député de Saône-et-Loire a fustigé "la façon dont la droite semble détester ces primaires, vouloir les saboter en utilisant tous les expédients".

"Nous ne laisserons pas la candidate ou le candidat socialiste se faire salir sur internet", a déclaré Benoît Hamon lors de son point de presse hebdomadaire.

Sur la même antenne, Dominique de Villepin a qualifié d'"ignobles" les attaques visant la patronne du PS, qui remonte dans les sondages. "D'où qu'elles viennent, elles sont scandaleuses et elles n'ont rien à voir avec la politique", a dit l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac.

Moins indulgente, la ministre chargée de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle, Nadine Morano, dénonce dans le Journal du dimanche la "stratégie de victimisation" de Martine Aubry "pour dissimuler la pauvreté du programme socialiste et les ratés de son entrée en campagne".

De son côté, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a accusé le PS de "vouloir gagner du temps". "Vivement que les socialistes s'occupent du fond", a-t-il dit à la presse, évoquant des méthodes "absurdes et ridicules".

Pour le ministre de la Défense, Gérard Longuet, Martine Aubry "surréagit". "Je trouve son attitude extrêmement curieuse, comme si elle voulait par cette initiative conjurer un sort funeste", a-t-il dit sur BFM-TV.

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