Vidéo Russie : Marine Le Pen estime qu'"on cherche à la diaboliser” alors qu’elle a une position "raisonnable", oui aux sanctions, non à l’embargo

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Laisser s'associer la Russie et la Chine serait "un problème majeur pour la France", défend la candidate du Rassemblement national à l'élection présidentielle.

Marine Le Pen a estimé, vendredi 8 avril sur franceinfo, "avoir une position raisonnable" vis-à-vis de la Russie et de Vladimir Poutine. Critiquée pour sa proximité avec le dirigeant russe, la candidate du Rassemblement national a tenu à éclaircir sa position qui "a été de condamner la Russie quand elle a envahi l'Ukraine de la manière la plus claire qu’il soit". Pour elle, ce qui se passe en Ukraine "n’est pas tout noir ou tout blanc" mais elle s’est défendue de fermer les yeux sur l’invasion russe. "Cette agression armée était inadmissible au regard du droit international et nous avons voté au Parlement européen une condamnation extrêmement ferme de cette agression russe", a-t-elle réaffirmé, de la même façon qu’elle a dit "oui" aux sanctions.

Toutefois, Marine Le Pen a réitéré son opposition vis-à-vis d’un embargo sur les importations russes. "La seule chose que je ne souhaite pas ce sont des sanctions sur les matières premières qui vont avoir des conséquences lourdes sur les Français et sur le reste du monde", a-t-elle déclaré, alors que le Parlement européen a adopté jeudi, à une écrasante majorité, une résolution réclamant un embargo "total et immédiat" sur les importations "de pétrole, de charbon de combustible nucléaire et de gaz" russes. La candidate du Rassemblement national a assuré être "contre tout ce qui peut multiplier la facture des Français par quatre cinq ou six", réaffirmant son objectif "de défendre prioritairement les Français et leur pouvoir d'achat".

"Les sanctions servent à faire pression sur la Russie et obtenir le retour de la paix, pas de se faire hara-kiri".

Marine Le Pen

à franceinfo

Il ne s’agit pas "de créer les conditions d'une très grande violence à l'égard de nos compatriotes", a-t-elle ajouté, tout en se disant convaincue que cela ne permettrait pas d’atteindre véritablement la Russie. La conséquence, selon elle, d’un tel embargo serait de laisser la Russie, "le premier pays producteur de matières premières du monde, s'associer avec la Chine, la plus grande usine du monde". Marine le Pen a alerté sur "la puissance" qui ressortirait de cette coalition qui "serait un problème majeur pour la France".

"Réarrimer la Russie à l'Europe"

Interrogée sur ses propos à l’égard de la Crimée, annexée par la Russie en 2014, elle a rappelé qu’elle avait seulement "dit qu'il y avait eu un référendum" et que la Crimée "n’a été ukrainienne que 27 ans dans toute son histoire". "Peut-être" que ce référendum n’a pas été reconnu par la communauté internationale, a-t-elle reconnu à demi-mot "mais personne n’est parti de Crimée pour demander le droit d’asile", s’est-elle justifiée.

"Emmanuel Macron a reçu M. Poutine à Brégançon trois ans après [l’annexion de la Crimée], ça n’a pas eu l’air de le déranger et il a tenu des propos qui étaient des propos raisonnables", a constaté Marine Le Pen qui a ainsi dénoncé le fait "qu’on cherche à la diaboliser". Selon elle, elle a "défendu à l'époque ce qu’ont défendu tous les présidents de la République française au fur et à mesure de leur mandat" dans une volonté de "ne pas faire de la Russie un paria en Europe, de la réarrimer" au vieux continent.

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