Régionales : Marine Le Pen ironise sur les bracelets anti-rapprochement et fustige Eric Dupond-Moretti, la majorité s'insurge

La présidente du RN, qui estime que le ministre de la Justice nourrit "une obsession à son égard", se dit "preneuse" de "quelques bracelets anti-rapprochement en rab". Une déclaration "indécente", s'indignent plusieurs personnalités politiques, car elle intervient quelques jours après le féminicide de Mérignac.

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La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), le 8 mai 2021. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

La petite phrase n'est pas passée inaperçue. Interrogée en marge de la commémoration du 8 mai 1945 à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) sur la candidature d'Eric Dupond-Moretti aux régionales dans les Hauts-de-France, Marine Le Pen a fait allusion au dispositif des bracelets anti-rapprochement, déployés par la justice française pour tenter de tenir à distance les hommes violents et protéger leur compagne ou ex-compagne.

"Maintenant, l'obsession que M. Dupond-Moretti a à mon égard commence à devenir relativement étrange, il paraît qu'il reste quelques bracelets anti-rapprochement en rab, je suis preneuse", a-t-elle déclaré à la presse. Au lendemain du féminicide de Mérignac et de la mort de Chahinez Boutaa, brûlée vive par son époux, Eric Dupond-Moretti avait souhaité que ces bracelets anti-rapprochements soient davantage utilisés.

"La politique politicienne ne justifie pas tout"

Eric Dupond-Moretti, directement visé par la déclaration de Marine Le Pen, n'a pas tardé à réagir. Le désormais candidat pour les régionales a profité de l'ascension du terril de Loos-en-Gohelle, haut de 184 mètres, le plus haut d'Europe, pour répondre à son adversaire. "Dans cette famille, ils ont le goût de la blague douteuse et du calembour de mauvaise facture, a-t-il commencé par dire. Cette terre, c'est une terre de fraternité, d'immigration et de générosité. Tout ça mérite mieux que la haine que propage et diffuse le Rassemblement national. Moi je ne veux pas chasser sur les terres du RN, je veux chasser le RN de ces terres."

Dans un tweet, Marlène Schiappa s'est, elle, directement adressée à Marine Le Pen. "Un peu de décence en rab, peut-être, Madame ?", lui a demandé la ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur chargée de la citoyenneté.

Une autre membre du gouvernement a réagi. "La politique politicienne ne justifie pas tout, s'indigne Elisabeth Moreno, ministre déléguée à l'égalité femmes-hommes. La lutte contre les violences faites aux femmes n'a jamais constitué l'une de vos priorités. Désormais, c'est la dignité la plus élémentaire qui vous manque sur un sujet si grave."

La comparaison a également choqué Karima Delli, tête de liste dans la région d’une liste d’union entre la gauche et les écologistes. "Cela démontre encore une fois que Marine Le Pen est prête à toutes les provocations immondes, indécentes, pour faire parler d’elle coûte que coûte", a déclaré l’eurodéputée sur BFMTV.

Autre réaction, celle d'Aurore Bergé, députée LREM des Yvelines. "Il y a des femmes qui meurent. Trop de femmes qui meurent. Personne ne penserait à en plaisanter. Sauf le RN et Marine Le Pen", écrit l'élue de la majorité.

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