Loi de programmation militaire : 24.000 nouvelles suppressions de postes

Entre "sanctuarisation" du budget et suppressions de postes, le projet de loi de programmation militaire (LPM) est présenté ce vendredi matin lors du dernier Conseil des ministres avant deux semaines de vacances. Il définit les moyens d'actions de l'armée de 2014 à 2019, et prévoit notamment la suppression de 24.000 postes supplémentaires.

(NICOLAS JOSE/SIPA Autre)

Au programme du dernier Conseil des ministres ce vendredi : le projet de loi de
programmation militaire (LPM). Il fixe le cadre budgétaire des armées jusqu'en

  1. Le budget annoncé s'élève à 179 ,2 milliards d'euros sur six ans et à 31,4 milliards annuels jusqu'en 2016.

Ce LPM est la suite logique
du livre blanc de la Défense, dévoilé en avril dernier. Le texte prévoit la
suppression de 24.000 postes, tout en "sanctuarisant " le budget
militaire, c'est ce que François Hollande a déclaré lors de son discours du 14 juillet. 

Des suppressions de postes depuis
2008

L'armée a subi de multiples réformes depuis 2008. Les 24.000 suppressions de postes annoncées par
le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'ajoutent aux 54.000 déjà décidées par la précédente majorité en 2009, et dont il reste environ 10.000 à réaliser.

En 11 ans de deux LPM, selon
l'amiral Edouard Guillaud, les armées françaises auront perdu près de 80.000
soldats.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a pour objectif d'employer, en tout, d'ici 2019, environ 260.000 personnes, y compris les civils. Actuellement, il y a 280.000 personnes.

Fermetures de casernes "limitées"

Selon le ministère de la
Défense, les suppressions prévues par la loi 2014-2019 concerneraient pour les deux
tiers, l'administration (états-majors et structures de soutien), soit 16.000
postes. Pour un tiers, les forces opérationnelles, soit 8.000 postes. Jean-Yves
Le Drian a revendiqué sa volonté de "préserver " ces dernières, qui
se sont illustrées en Afghanistan et au Mali. 

Le ministre de la Défense n'a
cependant pas précisé le nombre de fermetures de casernes et bases aériennes,
aux conséquences importantes pour les collectivités locales et l'industrie de
la défense. Il a simplement parlé d'un nombre "limité ". La loi de
programmation militaire présentée ce vendredi devrait détailler les sites
concernés.

"Gagner la guerre c'est
contrôler l'espace et donc le nombre est nécessaire" (le général Vincent
Desportes, ancien patron de l'Ecole de guerre)

Avec une enveloppe de 179,2 milliards d'euros sur six
ans, l'armée française conserve le deuxième budget militaire de l'Union
européenne derrière la Grande-Bretagne.

Si le Livre blanc préconisait
des économies, il encourageait également à ce qu'un effort continu soit
maintenu en faveur des dépenses de recherche, de développement de matériels, et
d'équipement des forces armées. Préserver le taux d'équipement et le niveau
d'entraînement des armées est impératif aux yeux du ministère, qui a confirmé
que les forces spéciales allaient voir leurs effectifs augmenter d'un millier
d'hommes.

Pour le général Vincent
Desportes, ancien patron de l'Ecole de guerre, ce qui pose problème avant le
fond, c'est la forme. Le livre blanc a été présenté "au plus creux d'un
grand pont du printemps
", et la LPM est dévoilée au mois d'août. "On
a le sentiment que le gouvernement veut cacher aux Français la dégradation de
la défense de la France
". Il estime par ailleurs, sur le fond, "que
la France ne sera plus capable de faire face à l'exercice de ses
responsabilités dans le monde et à la protection des intérêts de la France et
des Français
". Et il juge possible des économies sur le nucléaire.