Régionales : les LR "écartelés entre LREM et RN", selon le directeur général délégué d'Ipsos France

Les Républicains peinent à affirmer leurs spécificités et manquent de leaders pour les incarner, analyse Brice Teinturier.

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Radio France
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Brice Teinturier, le directeur général d'Ipsos France, le 4 octobre 2017. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Dans une enquête Ipsos Sopra Steria pour franceinfo et Le Parisien-Aujourd'hui en France, publié dimanche 16 mai sur la perception du positionnement politique de LR et sur les souhaits d'alliance au second tour des élections régionales en juin, il ressort qu'un Français sur deux interrogés estime que le parti est proche de LREM et perd donc en spécificités. Brice Teinturier, le directeur général délégué d'Ipsos France, invité de franceinfo dimanche, y voit également des Républicains "écartelés entre LREM et RN".

franceinfo : Si on essaye de traduire ces chiffres, cela veut dire que les Français interrogés ne savent plus très bien qui sont les Républicains. Il y a une vrai crise d'identité de ce parti ?

Brice Teinturier : Absolument. Pour les Français, il y a deux formations qu'ils identifient aujourd'hui très clairement : le Rassemblement national (RN) et La République en marche (LREM). Et Les Républicains (LR) semblent coincés, écartelés entre LREM et LR. Ils sont tantôt plus proches de l'un, tantôt plus proches de l'autre, sur des sujets régaliens encore une fois, ou économiques.

"Cela se voit dans le jugement des Français. 51 % pensent que les LR sont proches de LREM et 41 % pensent qu'ils sont proches du RN."

Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos France

à franceinfo

Mais même chez les les partisans LR il y a cette espèce de fracture interne puisque 58 % estiment qu'ils sont proches d'En Marche et un tiers, proches du FN. Au point que le parti des Républicains n'a plus d'utilité ou de spécificités, eh bien c'est l'avis de 64 % de nos concitoyens. Seul un gros tiers, soit 35 % considèrent qu'il a bien une utilité.

C'est un parti qui disparaît ?

Malgré tout, il y a des ciments encore. C'est un parti qui, aux yeux des Français, a de plus en plus de mal à trouver sa spécificité. Mais c'est un parti qui a une spécificité et une implantation au niveau local, qui a des positions, qu'il va puiser dans certains cas, du côté du Rassemblement national et de aussi de LREM. Chaque parti a différentes sensibilités. La difficulté, là, c'est que les Républicains ont de plus en plus de mal à les affirmer de manière forte. C'est aussi parce qu'ils n'ont pas un leader qui vient, comme Marine Le Pen ou comme Emmanuel Macron, donner le sentiment qu'on fait la synthèse de ces différentes sensibilités au sein d'une même formation politique. La difficulté du parti, c'est véritablement de retrouver une spécificité face à LREM et au Rassemblement national.

Ce sondage, il porte sur les Régionales des 20 et 27 juin, mais est-ce que vous en tirez un enseignement pour la présidentielle de 2022 ?

La difficulté est exactement la même. Avec cette enquête que nous avons réalisée, on comprend bien pourquoi, finalement, même avec un leader comme Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse, en l'état actuel, eh bien ces personnes n'obtiennent que 15 %, 16 % ou 11 % pour Valérie Pécresse par exemple, des intentions de vote à l'élection présidentielle. C'est toujours la même question : qu'apportent-ils véritablement de spécifique, d'utile, d'unique par rapport à un candidat LREM ou un candidat du Rassemblement national ? Les Républicains se sont fait dépouiller de nombreux attributs par les autres partis. Ils se retrouvent à la présidentielle comme aux régionales, un peu coincés entre les autres formations.

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