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Allocution d'Emmanuel Macron : "On a vu un président à bout de souffle" estime Laurence Sailliet, porte-parole LR

Au lendemain de l'allocution télévisée d'Emmanuel Macron, Laurence Sailliet, porte-parole LR, a réagi sur franceinfo. Pour elle, le président est "déconnecté".

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Radio France
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Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée mardi 16 ocotobre 2018. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

"On a vu un président totalement déconnecté, un peu en apesanteur, qui n'a pas saisi la réalité des difficultés", a commenté mercredi 17 octobre sur franceinfo, Laurence Sailliet, porte-parole LR, après la courte allocution télévisée d'Emmanuel Macron mardi soir. Le chef de l'État a indiqué qu'il n'y avait "ni tournant, ni changement de cap".

Franceinfo : Emmanuel Macron fait-il son mea culpa quand il dit entendre les critiques sur son "parler vrai" ?

Laurence Saillet : Absolument pas, car il revient sur son style et pas sur le fond de ce qu'il a dit. Et c'est bien ça le problème, c'est sa conception ! Il y a les phrases qu'il a prononcées qui sont mauvaises. Au-delà, on a vu un président totalement déconnecté, un peu en apesanteur, qui n'a pas saisi la réalité des difficultés. Il faudrait qu'il reconnaisse ses torts sur la politique qu'il mène et pas seulement sur ses petites phrases. Sept Français sur dix aujourd'hui rejettent sa politique et sa réaction c'est de dire "je vais continuer". Cette année les Français ont été accablés par les impôts et notamment les taxes sur les carburants. On a un record d'insécurité avec 1 000 agressions par jour. On a un véritable problème avec l'immigration qui n'est pas gérée et on a un président de la République qui dit "on continue comme avant".

Vous ne le croyez pas quand il dit aux Français que leur quotidien va
changer ?

Mais il dit bien que le gouvernement va être dans la continuité de la politique qui a été menée. Depuis un an et demi, lorsque les Français vont à la pompe ils payent beaucoup plus cher leur plein d'essence et de diesel et ça ce n'est pas normal car c'est une véritable attaque à la France qui travaille.

Pour les gens qui vivent dans les quartiers avec l'insécurité, la situation est pire qu'il y a un an et demi. On ne peut pas accepter d'un président de la République qu'il continue une politique quand il vous amène droit dans le mur. Quand Monsieur Collomb est parti, il a tiré la sonnette d'alarme. Qu'en a retenu Emmanuel Macron ? Absolument rien, puisqu'il a nommé au ministère de l'Intérieur un de ses fidèles en récompense après 15 jours de tergiversations et de refus. Au final, il s'est résolu à nommer M. Castaner.

Que pensez-vous de la forme de son allocution ?

Il a choisi un format qui lui a permis de sélectionner les thèmes qui l'intéressaient. Il n'a pas été confronté à des journalistes. Il a éludé un certain nombre de sujets qui sont des sujets importants parce qu'on l'aurait interrogé sur différentes affaires qui ont fait que, depuis quelques semaines, depuis quelques mois, on a l'impression qu'il a totalement perdu pied. On lui aurait aussi posé la question du pouvoir d'achat, sur l'immigration, sur l'insécurité. Il s'est contenté de faire une intervention assez terne sur la forme comme sur le fond et on se demande pourquoi il était dans l'ombre avec quelques notes. Les gens ont été beaucoup choqués par un président qui semblait un peu à bout de souffle.

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